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Chaos intellectuel

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Dans son ouvrage intitulé L’effondrement des sociétés complexes, Joseph Tainter explique que les grandes civilisations ont périclité en raison de la multiplication des rôles sociaux et de la complexité destructrice qui en découle.

Il y aurait donc lieu de s’inquiéter pour la société actuelle vu les nombreuses contradictions internes qui l’animent et l’ingénierie alambiquée dont elle fait l’objet. Les politiques basées tantôt sur le binarisme homme-femme, tantôt sur la non-binarité constituent un bel exemple du chaos intellectuel qui habite l’intelligentsia au pouvoir.

Imposture

D’une part, on veut pousser les femmes vers l’entrepreneuriat, la haute direction, l’informatique et le génie. Certaines bourses d’études leur sont même réservées. Du côté des garçons, on note leurs difficultés scolaires et leur taux de décrochage élevé. En somme, on observe le binarisme homme-femme, et les différences comportementales entre les sexes. Pour les biologistes, ces écarts sont attribuables au fait que les femmes ne partagent ni les mêmes chromosomes ni les mêmes hormones que les hommes.

D’autre part, les sciences sociales contestent l’assignation sexuelle à un genre donné. Les attributs biologiques ne seraient qu’un accident de la nature sans conséquence. Seule l’identité de genre importe. Or, celle-ci serait socialement construite et pourrait même être fluide. Facebook différencie 58 sexes. Pour les tenants de la théorie du genre, il y en aurait même des milliers.

Chose certaine, les deux visions sont incompatibles et insoutenables. L’une d’elles est forcément une dangereuse imposture scientifique. Mais le terrorisme intellectuel ambiant étouffe tout débat.

Implosion

Biologie ou constructivisme, la classe politique doit pourtant prendre position afin d’assurer la cohérence de ses politiques. Permettre la concomitance de visions antinomiques entretient un flou qui complexifie inutilement les rapports et sème le germe de ravages sociétaux.

Certes, choisir son camp, c’est abandonner la rectitude politique. Mais qu’importe de froisser l’ego de quelques pseudo-scientifiques si cela permet d’éviter l’implosion de la société !