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Maison insalubre en Montérégie: les 4 enfants sont malades depuis leur déménagement

Une famille de six n’a pas eu le choix de vivre dans une maison insalubre en Montérégie

Nick Landry-Crête et Mercedez Veer qui tient leur fille de 4 mois, Layla Veer, montrent tous les médicaments que la famille doit prendre depuis qu’ils vivent dans une maison insalubre.
Photo Magalie Lapointe Nick Landry-Crête et Mercedez Veer qui tient leur fille de 4 mois, Layla Veer, montrent tous les médicaments que la famille doit prendre depuis qu’ils vivent dans une maison insalubre.

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HUNTINGDON | Un couple de la Montérégie doit se rendre à l’hôpital au moins une fois par semaine avec un de ses quatre enfants depuis qu’ils vivent dans une maison insalubre en raison du manque de logements de qualité dans leur région.

Nick Landry-Crête, 29 ans, et Mercedez Veer, 26 ans, vivent un véritable enfer depuis le mois de juillet.

 

Avec l’arrivée de leur quatrième enfant, ils n’ont pas eu le choix de quitter leur logis, un 4 et demi. Ils ont cherché pendant des semaines un nouvel appartement, mais ils n’ont rien trouvé.

Selon eux, six propriétaires à Salaberry-de-Valleyfield et Huntingdon les ont refusés parce qu’ils avaient quatre jeunes enfants.

Il est possible de constater que la moisissure est bien installée à plusieurs endroits, comme dans la salle de bain.
Photo courtoisie, Nick Landry-Crête
Il est possible de constater que la moisissure est bien installée à plusieurs endroits, comme dans la salle de bain.

Plutôt que se retrouver à la rue avec quatre enfants âgés de 5 ans et moins, ils ont accepté de louer une maison qu’ils savaient insalubre. Ils se disaient que c’était seulement pour six mois puisqu’un logement à prix modique est réservé pour eux en décembre.

« Ça ou la rue ? Nous y avons pensé », a dit M. Landry-Crête.

Ils n’auraient jamais pensé que leur situation familiale aurait dégénéré aussi rapidement.

Sainte-Justine

La famille évite d’aller au sous-sol, où il y a un réservoir à l’huile sans bouchon (qui peut provoquer des émanations), une prise électrique avec le fil qui pend du plafond ainsi qu’un mur sans isolation.
Photo Magalie Lapointe
La famille évite d’aller au sous-sol, où il y a un réservoir à l’huile sans bouchon (qui peut provoquer des émanations), une prise électrique avec le fil qui pend du plafond ainsi qu’un mur sans isolation.

En seulement quatre mois, ils ont multiplié les rencontres chez les médecins. Ils ne comptent plus les allers-retours à l’hôpital Sainte-Justine à Montréal et ont présentement 10 prescriptions de pompes pour les six membres de la famille.

« Ce n’est pas normal qu’un bébé de 4 mois prenne des pompes. Mais le médecin n’avait pas le choix de lui en prescrire en raison de son état. On ne fume pas dans la maison, on n’a pas d’animaux, mon bébé est toujours bien habillé. On ne peut pas continuer à vivre comme ça, ce n’est pas une vie », a dit Mme Veer.

Personne n’était malade avant d’emménager dans cette maison.

Le taux d’inoccupation des logements est de 2,7 % dans la région de Salaberry-de-Valleyfield, qui comprend Huntingdon, selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement.

Toutefois, la région se démarque par la mauvaise qualité de ses appartements à louer. Pas moins de 28 % de ceux-ci ne respectent pas les normes de qualité, un sommet au Québec.

Le couple n’était pas surpris par ces statistiques.

« Ils construisent des tours à logements et les propriétaires demandent une fortune pour les louer alors que la population de Huntingdon est défavorisée. Ça n’a pas de sens », a mentionné Mme Veer.

Inapte au travail

Le père de famille est inapte au travail en raison d’un trouble du spectre de l’autisme et parce qu’il est atteint du syndrome d’Asperger. Or, il a demandé à son docteur de se soumettre à une nouvelle évaluation afin de retourner travailler.Quant à Mme Veer, elle est mère au foyer.

Avec un revenu plus élevé, la famille espère habiter une seule année dans l’appartement à prix modique qui les attend.

« Notre dignité est atteinte. Il n’y a pas de logements pour les familles à faibles revenus et les propriétaires en profitent », a ajouté M. Landry-Crête.


♦ La Ville de Huntingdon ne dispose d’aucun inspecteur pour évaluer l’insalubrité des logements. Le couple ne sait donc pas quel type de moisissure il y a sur leurs murs.