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Un chauffard ne veut plus assumer la mort d’un jeune

L’accusé de 23 ans a conduit saoul en revenant d’une fête dans les Laurentides

Samuel Jeanson-Bélisle
Photo courtoisie, Roxanne Bélisle Les proches de Samuel Jeanson-Bélisle (deuxième à gauche), soit son père Robert Bélisle, sa sœur Roxanne Bélisle et sa mère Shirley Jeanson, sont découragés que le jeune qui a causé sa mort en conduisant saoul souhaite maintenant retirer son plaidoyer de culpabilité.

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Un incorrigible de l’alcool au volant qui a causé la mort d’un jeune dans les Laurentides veut maintenant retirer son plaidoyer de culpabilité, au grand dam des proches de la victime.

« Il y a des limites à ce qu’un être humain peut endurer. C’est rendu que je ne m’attends plus à rien, je ne sais plus quoi penser. C’est un mélange de frustration et de peine », laisse tomber Shirley Jeanson.

Mme Jeanson, la mère de Samuel Jeanson-Bélisle, croyait pourtant que Samuel Giroux irait bientôt en prison, après avoir plaidé coupable en août d’une conduite avec les facultés affaiblies causant la mort de son fils.

Le drame est survenu en septembre 2017, quand l’accusé de 23 ans et la victime s’étaient rendus à une fête à Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles, près de Mont-Laurier. L’alcool avait coulé à flots et, fatigué, Samuel Jeanson-Bélisle était allé dormir dans sa voiture.

Vers la fin de la soirée, Giroux a annoncé qu’il voulait rentrer chez lui. Ses amis ont tenté de le convaincre de ne pas conduire, d’autant plus que le chauffard avait perdu son permis quelques semaines plus tôt dans une affaire d’alcool au volant.

Giroux a toutefois fait fi des conseils et, sans que personne ne le remarque, est parti au volant de la voiture de Samuel Jeanson-Bélisle, qui était toujours endormi sur le siège passager.

Poteau d’électricité

« C’est sûr qu’ils ne se rendent pas chez eux », s’est dit un ami commun qui a croisé par hasard le chauffard qui roulait à toute allure, sur le chemin du retour.

Sept kilomètres plus loin, Giroux a percuté un poteau d’électricité, tuant Samuel Jeanson-Bélisle, qui ne s’est jamais réveillé.

Les analyses ont permis de découvrir que Giroux avait 203 mg d’alcool par 100 ml de sang, soit plus du double de la limite légale.

Plutôt que d’aller à procès, Giroux a préféré plaider coupable de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort.

Lors de l’audience au palais de justice de Mont-Laurier, le 13 août, il a confirmé être « très au courant » qu’il pourrait écoper d’une peine sévère.

Mais il a depuis fait volte-face et demande maintenant d’avoir un procès.

Bris de conditions

« Si sa demande est acceptée, alors je ne comprends plus rien, a dit Mme Jeanson. Je comprends que ça n’est pas tentant d’aller en prison, mais il faut qu’il assume plutôt que d’étirer l’élastique. »

C’est qu’en attendant sa sentence, ou son procès si sa requête pour retirer son plaidoyer est acceptée, Giroux est en liberté sous caution.

Il ne se serait d’ailleurs pas tenu à carreau puisqu’il a été arrêté en août pour bris de conditions.

Selon la sommation, il a consommé de l’alcool, alors que cela lui était interdit.

Depuis, la Couronne a demandé qu’il soit envoyé en détention préventive.


♦ Samuel Giroux reviendra prochainement à la cour pour plaider sa requête.