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L’âme d’un peuple

Une des deux statues de bronze qui gardent l’entrée.
Photo Jacques Lanctôt Une des deux statues de bronze qui gardent l’entrée.

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Cuba a vu sa victoire contre l’Espagne, à la fin du XIXe siècle, confisquée par les États-Unis, qui se sont attribué tous les mérites de la lutte anticoloniale. À partir de ce moment, le modèle américain s’est imposé dans toutes sphères de la société cubaine. La construction, dans la capitale cubaine, du Capitolio, sur le modèle du Capitole américain, mais avec des ressemblances avec le Panthéon de Paris, s’inscrit dans cette lignée de mimétisme. À Cuba, le gouvernement comptait deux chambres d’élus : le sénat et la chambre des représentants, comme à Washington.

Cet édifice monumental vaut le détour. Fermé depuis 2010 pour restauration, le Capitolio a rouvert ses portes récemment, même s’il reste encore plusieurs parties à restaurer avant la célébration du 500e anniversaire de la fondation de la ville de San Cristobal de La Habana, en novembre 2019.

L’entrée coûte 10 CUC et vous avez droit à une visite guidée d’environ une heure où l’on vous expliquera de A à Z la construction et la symbolique du prestigieux monument historique qui a retrouvé ses premières fonctions, puisque l’assemblée du Pouvoir populaire, l’équivalent du parlement, y siège à l’occasion.

Capitolio
Photo Jacques Lanctôt
Capitolio

Faste Capitolio

La construction du Capitolio, entreprise en avril 1926, s’est terminée trois ans et cinquante jours plus tard, un exploit pour l’époque où n’existaient pas les grues et les techniques modernes de construction.

Après avoir monté les 55 marches de l’immense escalier, vous arrivez au portique soutenu par 12 colonnes de granit. Puis franchissez la porte centrale de bronze décorée de bas-reliefs et des armoiries nationales pour pénétrer dans le hall d’entrée ou salle des pas perdus.

Face à vous s’élève la statue de la République, la deuxième plus grande statue en bronze au monde, exposée à l’intérieur d’un bâtiment, avec ses 17 m de hauteur. Au centre de la salle, directement sous l’immense voûte qui atteint 92 m de hauteur, se trouve une étoile en or gravée dans le marbre du plancher et, au centre, un diamant précieux incrusté qui marque le kilomètre zéro de la route centrale.

Ce diamant a eu une histoire mouvementée, car il a déjà été volé et s’est retrouvé comme par hasard dans le bureau du président de la République, dans les années quarante.

Au rez-de-chaussée, sous le diamant, on a installé le tombeau du soldat mambi inconnu, mort pour la patrie dans la lutte anticoloniale et symbole du « fondement moral, politique et historique de la nation », à qui on doit la naissance de la République de Cuba.

Une flamme éternelle brûle devant le tombeau entouré des drapeaux des nations latino-américaines. Chaque semaine, le président de la République fait parvenir une gerbe de fleurs, pour signifier qu’on n’oubliera jamais les efforts qu’ont fournis les patriotes pour s’émanciper de la puissance coloniale espagnole.

Le Capitole de La Havane est une véritable œuvre d’art qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets. On dit qu’il symbolise l’âme du peuple cubain et il n’y a pas de crucifix !