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Métamorphoses sur la Longue-Pointe

1968

Avant Après
Photo d'archives Ville de Montréal, VM94-Ad041-035
Photo Chantal Poirier

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L’asile devenu hôpital

Combien d’entre nous savent que l’hôpital s’appelle depuis 2013 l’institut universitaire en santé mentale de Montréal? Ce n’est pourtant pas son premier changement de nom! D’abord baptisé asile Saint-Jean-de-Dieu à sa

fondation en 1873, on lui donne le nom d’hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine en 1975. Saint-Jean-de-Dieu est déjà l’héritier de l’Asile de la Providence, fondé et administré par les Sœurs de la Providence. Pour l’essentiel, il a toujours été sur son site actuel et a vu la Longue-Pointe évoluer d’un

secteur rural et villageois à la banlieue d’aujourd’hui, cerclée par les autoroutes et le pont-tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine. Longtemps le seul établissement spécialisé pour les troubles mentaux à Montréal, l’hôpital reçoit quelques figures connues, dont le poète Émile Nelligan, interné à Saint-Jean-de-Dieu à partir de 1925. Atteint de schizophrénie, il y demeurera jusqu’à la fin de sa vie. Toute l’histoire de ce lieu, depuis l’époque où on y internait des « fous », témoigne de l’importante évolution des pratiques en matière de santé mentale au Québec. 

Un point de vue transformé

D’hier à aujourd’hui les images se ressemblent, mais il ne faut pas se fier aux apparences... Pour les occupants de l’hôpital, le spectacle qu’ils contemplent est fort différent : En 1968, il y a à peine un an que le pont-tunnel Louis-Hyppolite-Lafontaine a été inauguré, à quelques pas de là. La rue Hochelaga est construite là on l’on pouvait voir jusqu’au fleuve. Tout l’ancien village de Longue-Pointe a disparu en quelques mois! Le pont-tunnel doit permettre de désengorger les transports entre la rive-sud de Montréal et l’est de l’île. Des critères géologiques expliquent aussi le choix du lieu : les îles de Boucherville offrent un sol rocheux assez solide pour y construire le tunnel. Par un curieux hasard, le pont passe sous l’eau à l’endroit où les anciens bateliers choisissaient eux aussi de traverser, puisque les îles et le fleuve plus étroit leur facilitaient leur travail! 

Le village disparu de Longue-Pointe

Photo d'archives Ville de Montréal, BM42-G2596

La petite église qui se trouve sur ce rivage tranquille est l’église paroissiale de Longue-Pointe telle qu’on pouvait la voir du fleuve en 1917. Comme beaucoup de secteurs des rivages de l’île de Montréal, les premières terres concédées à l’est par les Sulpiciens sont peuplées entre 1665 et 1666. Un chapelet de petits forts et de redoutes longe le fleuve et deviendront les paroisses puis les villages de Longue-Pointe ou de Pointe-aux-Trembles. La paroisse Saint-François-d’Assise, érigée en 1724, est donc l’une des plus ancienne de l’île. Reliés par le nouveau chemin du Roy en 1734, les villages deviennent des points de relais de poste pour les voyageurs officiels et les commerçants. Plus tard, la Longue-Pointe s’était tout de même industrialisée et les plus anciens résidants du secteur se souviennent encore, entre autres, des quais de la Vickers et de l’odeur de l’usine de cornichons Chenoy!