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Quand le corps dit non à la pénétration

Quand le corps dit non à la pénétration
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 Il arrive que les relations sexuelles, bien que désirées, ne se passent pas comme prévu.

 Plusieurs circonstances peuvent influencer le plaisir, mais certains états affectent directement le ressenti. C’est notamment le cas de celles qui souffrent, trop souvent en silence, de dysfonctionnement sexuel. Lors de cette chronique, il ne sera question que de relations sexuelles consenties, car de toute évidence, le cas contraire entraînerait bien d’autres considérations. 

 Aucune pénétration

 Lorsque le corps réagit fortement à une stimulation, quelle qu’elle soit, il est naturel de se questionner. Le bagage familial ainsi que l’éducation viennent parfois à neutraliser le plaisir et la jouissance associés à une sexualité qui, autrement, pourrait être vécue sainement. Natalie, une lectrice de 31 ans, nous dit : « Je n’ai pas eu de relation sexuelle complète, c’est-à-dire avec pénétration avant l’âge de 26 ans. Mon partenaire de l’époque, mon premier chum, était super patient. Il ne forçait rien et attendait mon signal. Mais à chaque fois, c’était impossible pour lui de me pénétrer et ça finissait soit par des larmes, soit par une dispute monumentale. Nous étions jeunes et l’idée d’aller consulter pour ça ne m’avait même pas traversé l’esprit. J’ai donc enduré pendant des années. Mais quand Pierre est entré dans ma vie, les choses ont changé. Il avait déjà été marié et sa femme avait vécu sensiblement la même chose que moi. Son passé à elle était un peu différent, elle avait été agressée sexuellement à l’âge de 14 ans, alors que ce n’était pas mon cas. Il savait donc comment réagir, et il m’a tout de suite dit que je pouvais me sortir de ça, que je n’avais pas besoin d’endurer et de vivre autant de difficultés avec ma sexualité. J’ai donc décidé d’aller voir une sexologue et ma vie s’est transformée. Maintenant, j’aimerais savoir comment en profiter et cesser de vivre de l’anxiété... » 

 Vaginisme

 Pourquoi le corps refuse-t-il la pénétration ? Que se passe-t-il ? Le vaginisme se caractérise par une contraction involontaire du tiers externe du vagin (muscles du périnée) lorsqu’il y a tentative de pénétration vaginale – avec le pénis, les doigts et/ou autre (tampon hygiénique par exemple). Cette forte contraction rend la pénétration impossible ou extrêmement douloureuse si elle survient. Jo Annie a vécu cette difficulté il y a quelques années et elle nous en parle : « Je vous écris parce que j’ai envie de vous faire part de mon histoire. Peut-être que cela pourra aider d’autres femmes comme moi, et surtout leur donner de l’espoir. Patrick et moi avons réussi à passer à travers cette épreuve parce que nous avions confiance l’un dans l’autre. J’ai eu des relations sexuelles une bonne partie de ma vie, sans problème. Mais il est arrivé des événements, dont je préférerais ne pas parler aux lecteurs, qui ont fait que je me suis retrouvée anéantie du jour au lendemain. Je suis allée consulter un thérapeute et il m’a beaucoup aidé. Mais nous n’avions pas parlé de l’aspect sexualité, je n’étais pas en couple à l’époque. Quand Patrick est arrivé dans ma vie, les choses ont changé et j’ai eu besoin de faire face à mes démons de nouveau. La thérapeute m’a dirigée vers une physiothérapeute en rééducation périnéale et c’est à partir de là que ça s’est amélioré. Conjointement avec ma thérapeute, nous travaillions des enjeux importants. La thérapie et la démarche en physio ont duré deux ans au total, mais ce sont les deux plus belles années, j’ai investi sur moi, sur mon avenir. Mon couple est plus fort que jamais et j’ai même eu mon premier orgasme vaginal il y a un an ! Quelle victoire ! » 

 Améliorer la situation

 Le vaginisme est effectivement un trouble sexuel qui connaît un très bon pronostic en termes d’amélioration de la situation, voire même de disparition de celle-ci. Pour se faire, il s’agit d’obtenir le bon diagnostic et ensuite d’avoir les bons guides pour effectuer ajustements et changements (mode de vie, santé physique et relationnelle, connaissance du corps...). Bref, très encourageant. Selon les auteurs de passeport santé : « Les causes du vaginisme sont principalement d’ordre psychologique :  

  •  Le vaginisme peut apparaître si de précédentes pénétrations vaginales ont causé une douleur, la peur d’avoir mal qui prend alors le dessus peut provoquer des contractions des muscles du vagin. 
  •  Une expérience traumatisante par le passé (abus sexuel, examens médicaux invasifs et douloureux, etc.) peut engendrer un vaginisme. 
  •  Un stress et une incertitude concernant le rapport sexuel peuvent parfois amener les muscles du plancher pelvien à se contracter pour protéger le vagin de toute pénétration. 
  •  Le vaginisme peut aussi être primaire. Une éducation stricte par rapport au sexe peut avoir engendré des blocages d’ordre psychologique (par exemple). 
  •  Des troubles sentimentaux ou professionnels peuvent favoriser l’apparition du vaginisme. 
  •  Des facteurs autres que psychologiques peuvent être en cause, comme la ménopause, une malformation du vagin ou encore une infection vaginale. »  

 Source : passeportsante.net, avril 2015, Le vaginisme. 

 Quoi qu’il en soit, si vous avez l’impression de vous reconnaître, ou de reconnaître ces symptômes chez votre partenaire, n’hésitez surtout pas à consulter votre médecin ou un thérapeute qui saura vous aider !