/weekend
Navigation

Sûrement son meilleur album

Coup d'oeil sur cet article

L’expression « album de transition » est souvent accolée à un disque où on constate qu’un artiste passe à un autre genre musical, voire une nouvelle étape.

Marie-Mai - Elle et moi

★★★★

Photo courtoisie

À cette figure, on pourrait ajouter « œuvre fédératrice » : un LP, par exemple, qui combine toutes les aspirations professionnelles et personnelles ainsi que les styles musicaux de prédilection d’un(e) musicien(ne) en un tout homogène. C’est ce que Marie-Mai et ses collaborateurs réalisent sur Elle et moi.

Effet de transition

Du pop rock de ses débuts jusqu’aux clins d’œil plus électro, l’artiste – qui signe la plupart des textes et collabore aux mélodies – rassemble habilement ses ambitions et son cheminement musical sur cette œuvre incroyablement contemporaine, autant ici que chez nos voisins du Sud.

En gros, c’est de la pop de son époque : bien foutue et pas bébête du tout dans le propos.

Dans un carcan

En fait, le seul reproche qu’on peut faire à Marie-Mai sur Elle et moi, c’est cette « volonté » de se confiner à ce « carcan ». Sans parler de formatage, le mot d’ordre de Marie-Mai pour ces nouvelles pièces – outre quelques exceptions – semble être « sonné » comme ce que pourraient livrer des sœurs d’armes comme Laurence Nerbonne, Milk & Bone ou encore Mariana & The Diamonds, voire Robyn.

Cela étant dit, l’interprète relève tout de même le défi.

Avec brio, même.

Les snobs de Marie-Mai, dont je suis, devraient tendre l’oreille. C’est un bon point de départ pour (re)découvrir sa carrière.

Stéphanie Boulay - Ce que je te donne ne disparaît pas

★★★ ½

Photo courtoisie

Comme elle le fait avec sa sœur au sein de leur duo, Stéphanie Boulay conserve son don en solo pour le texte aux apparences doucereuses, mais qui prend l’auditeur au cœur lorsqu’il est entonné par l’autrice-compositrice-interprète. L’utilisation de termes gamins pour parler de maux de jeune femme moderne à une mère sur Ta fille en témoigne tout particulièrement. Musicalement, Boulay ne se contente pas de repiquer des mélodies qui conviendraient à son groupe et opte plutôt pour un détour, plus folk rétro. Sans grande surprise pour les fans de la première heure, mais très, très bon.

Qualité motel - C’est pas la qualité qui compte

★★★

Photo courtoisie

Les compositions du combo électro sont relevées et la sélection d’invités au micro, elle, est étonnante (parmi ceux-ci, mentionnons Marie-Élaine Thibert sur une pièce sensuelle à souhait et Simon Proulx des Trois Accords... dans une prestation très Simon Proulx) et, pourtant, C’est pas la qualité qui compte accroche rarement, la collégialité entre Qualité motel et ses collaboratrices et collaborateurs demeurant souvent hermétique ; le « bon flash » prenant le dessus sur la chanson en tant que telle. En concert, par contre, ça s’annonce prometteur !

Antoine Corriveau - Feu de forêt

★★★

Photo courtoisie

L’auteur-compositeur-interprète à la voix graveleuse propose un maxi de nouvelles pièces accompagnant son concert de Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter. Fidèle à son habitude, Corriveau y va d’une poésie saisissante. Écouter Deux femmes, par exemple est une expérience fascinante tant le mélomane se sent de trop dans ce huis clos. « Encas » – à défaut d’un meilleur terme – en attendant le prochain album du grand ténébreux, Feu de forêt se marie à merveille avec la poisse de l’automne.

Coup de coeur


Zen Bamboo - Volume 4 : Retour aux sources

★★★★

Photo courtoisie

Difficile d’étiqueter le combo local. J’hésite entre « rock garage juste assez nihiliste sans toutefois délaisser la mélodie qui demeure en tête » et « pourvoyeur de bonne musique ». J’opte donc pour les deux. Quelque part entre les constructions musicales nerveuses de Bloc Party, les envolées de Jeff Rosenstock et le don de l’accroche des Strokes, on retrouve Zen Bamboo qui, grand bien lui fasse, ne singe pas ces références. À acheter ou écouter ici : zenbamboo.bandcamp.com