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Le ménage n’est pas terminé chez Bombardier, dit Alain Bellemare

Le PDG parle longuement des finances de l’entreprise, mais peu des emplois

Le ménage n’est pas terminé chez Bombardier, dit Alain Bellemare
Photo d'archives, Joël Lemay

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Alors qu’il vient d’annoncer la suppression de 5000 emplois, dont 2500 au Québec, le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, a prévenu mardi qu’il n’a pas fini de « faire le ménage » dans l’entreprise, laissant présager d’autres compressions.

« Oui, c’est difficile et plusieurs personnes n’aiment pas ça », a-t-il reconnu à l’occasion d’une conférence organisée par la Banque Scotia à Toronto.

Lundi, M. Bellemare n’avait pas cru bon assister à une réunion au sommet convoquée par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en réaction aux licenciements. Mais mardi, il a tenu à se rendre sur Bay Street pour rassurer les investisseurs, qui ont très mal réagi aux résultats financiers décevants publiés par Bombardier la semaine dernière.

« Nous voulons respecter tous les étalons de comparaison avec l’industrie, par exemple en ce qui a trait aux revenus et au bénéfice d’exploitation par employé, a expliqué le dirigeant. Nous allons donc continuer de faire le ménage de cette entreprise et en 2020, ce sera une organisation de classe mondiale qui génère de fortes marges bénéficiaires et une très forte croissance interne. »

Il n’a encore rien dit en français

Comme c’est l’habitude dans ce genre d’événement, aucune question n’a porté sur les suppressions de postes, l’animateur se concentrant plutôt sur les aspects financiers et stratégiques.

Alain Bellemare a encore une fois refusé de parler aux médias, mardi. Alors que Québec a injecté 1,3 milliard $ pour rescaper Bombardier, il ne s’est toujours pas exprimé de vive voix, en français, sur les licenciements qu’il a décrétés.

En revanche, M. Bellemare et le chef des finances de Bombardier, John Di Bert, sont longuement revenus mardi sur le trou de plusieurs centaines de millions de dollars, causé par des problèmes dans la division ferroviaire. Selon eux, l’objectif de dégager des liquidités d’au moins 750 M$ US en 2020 est toujours atteignable.

« Préoccupations » sur les CRJ

Le PDG a par ailleurs admis que des clients ont exprimé des « préoccupations » quant à l’avenir de la gamme de jets régionaux CRJ au sein de Bombardier, remis en question depuis la semaine dernière.

Bombardier pourrait conclure un « partenariat » avec une ou plusieurs entreprises pour assurer la survie de ce programme déficitaire, a indiqué Alain Bellemare. Mais la priorité demeure de regarnir le carnet de commandes et de réduire les coûts de production des CRJ. Vendus à plus de 1500 exemplaires, ces appareils ont largement contribué à faire de Bombardier le troisième avionneur mondial à la fin des années 1990.

M. Bellemare a noté que « beaucoup d’emplois » dépendaient des CRJ, qui sont assemblés à Mirabel.