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Ils seront jugés aux États-Unis

Deux Montréalais accusés d’avoir fraudé de petits commerces

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Deux Montréalais accusés d’avoir extorqué à coups de menaces et d’intimidation plus de 10 millions $ à des petits commerçants et organismes américains prendront bientôt le chemin des États-Unis afin d’y être jugés.

« Ils renoncent à l’audition et acceptent d’être extradés », indique un document de cour concernant Michelina Perna et Tolga Suatac, rendu public il y a quelques jours.

Tolga Suatac<br>
<i>Accusé</i>
Photo courtoisie
Tolga Suatac
Accusé

Perna et Suatac, respectivement âgés de 53 et 49 ans, sont recherchés par les autorités de Californie depuis près d’un an pour une fraude de type « annuaire » auprès de milliers de victimes. De 2009 à 2014, le groupe, qui opérait depuis Montréal, se serait enrichi de plus de 10 millions $.

Michelle Perna<br>
<i>Accusée</i>
Photo courtoisie
Michelle Perna
Accusée

Stratagème

« Les victimes incluent des églises, des cabinets de médecins, des organismes à but non lucratif, localisés aux États-Unis », affirment les autorités américaines dans la demande d’extradition déposée au début de l’année.

Le stratagème des fraudeurs allégués consistait à envoyer de fausses factures à des compagnies pour de soi-disant placements dans des annuaires téléphoniques. Ceux qui refusaient de payer pouvaient ainsi être harcelés et même menacés.

Ainsi, une employée d’une petite entreprise de Floride a accepté de payer les fraudeurs, lorsque le groupe l’a menacée d’entreprendre des procédures qui affecteraient sa cote de crédit.

Un jardinier aurait pour sa part déboursé 36 000 $ sur deux ans.

« [Les fraudeurs] le harcelaient et le menaçaient de faire appel à une agence de recouvrement et de le faire arrêter s’il ne payait pas », indiquent les documents de cour.

Vers le Canada

La propriétaire d’un gymnase dans le Maine aurait payé, tout simplement pour acheter la paix.

Et dans certains cas, les fraudeurs pouvaient attendre des mois avant de passer un appel aux victimes, afin de leur demander des intérêts sur les fausses factures.

« Les paiements étaient envoyés dans des cases postales aux États-Unis, pour ensuite être acheminés au Canada », indiquent des documents de cour.

Lors de leur arrestation, tant Perna que Suatac ont vigoureusement contesté le processus d’extradition. Une audience devait se tenir au palais de justice de Montréal, mais ils ont fait volte-face au début du mois. Des documents de cour indiquent que Robert Mancini, 45 ans, qui avait été arrêté en même temps que ses complices allégués, a quant à lui été extradé au début de l’automne.

Dans ce genre de dossier, les accusés font régulièrement face à une peine dépassant les 20 ans d’incarcération.