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Quel avenir pour l’industrie du jeu vidéo au Québec ?

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PASCALE LEVESQUE/AGENCE QMI

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Le Québec est un leader de l’industrie du jeu vidéo, dit-on. Mais qu’en est-il pour les années à venir ? Petit portrait de cet important secteur de l’économie montréalaise. 

Une industrie en bonne santé 

« Avec ses 10 000 emplois et ses 120 entreprises, l’industrie québécoise du jeu vidéo se porte bien », dit d’emblée Jonathan Bonneau, chargé de cours de l’École des médias de l’UQAM. Cette situation s’expliquerait, entre autres, par la création de la Guilde des développeurs de jeux vidéo indépendants du Québec, « qui permet aux petits et moyens studios de concurrencer des géants comme Ubisoft, et donc, de survivre. » 

Louis-Martin Guay, professeur agrégé à l’École de design de l’Université de Montréal, abonde dans le même sens : « La Guilde favorise la vitalité et la créativité des studios indépendants, tout en leur donnant une force de frappe auprès du gouvernement ». Une vitalité qui se reflète sur le marché du travail, où les offres d’emploi demeurent nombreuses. 

Une industrie en mutation 

Bien que les jeux pour consoles soient encore très présents, la tendance est aux jeux en ligne... gratuits (free-to-play). « Les éditeurs génèrent alors des revenus en proposant de nouveaux contenus qui, eux, sont payants », explique Jonathan Bonneau. Pour encourager les transactions, elles ont recours à des influenceurs, c’est-à-dire des joueurs ayant des milliers d’abonnés sur des médias sociaux comme YouTube. À travers leurs expériences de jeu, en direct ou commentées, ceux-ci invitent leurs fans à jouer et à acheter. 

Les jeux en ligne comportent certains avantages pour l’industrie, comme celui de mettre les entreprises en lien direct avec les utilisateurs. « Elles peuvent ainsi développer leurs jeux selon les désirs des joueurs », souligne Louis-Martin Guay. Ce type de relation a fait naître deux nouvelles spécialisations : le gestionnaire de communauté et l’analyste de données. 

Cela dit, d’après Jonathan Bonneau, « ce qui prendra de l’ampleur dans les prochaines années, ce sont les jeux de sport électronique (eSport) : des compagnies comme Nike y investissent beaucoup d’argent, actuellement ». Alors, à quand les premiers Jeux olympiques numériques ? 

Leader un jour... leader toujours ! 

Le Québec est un leader de l’industrie du jeu vidéo... et le restera ! En effet, « avec des entreprises de jeux vidéo, d’intelligence artificielle et de nouvelles technologies, Montréal est très bien positionnée sur l’échiquier international », affirme Jonathan Bonneau. Seul bémol : notre industrie locale gagnerait à investir davantage dans la réalité virtuelle. 

Pour sa part, Louis-Martin Guay aimerait voir plus d’investissements dans la recherche fondamentale et créative, car « les gouvernements et les entreprises ont tendance à investir en recherche pratique, afin de répondre à des besoins précis de l’industrie, ce qui ne favorise pas nécessairement l’innovation et la création de nouvelles connaissances ». Jonathan Bonneau observe tout de même une hausse des partenariats en recherche créative entre les compagnies et les universités, ainsi qu’une hausse du partage des connaissances entre les différents milieux universitaires. Ce qui, selon lui, est de bon augure. 

À en juger par la rapide ascension de l'équipe de Pèse sur Start dans l'univers du gaming au Québec, nous sommes excessivement optimistes par rapport à la santé actuelle et de l'avenir du milieu.