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La pénurie de main-d’œuvre touche aussi l’aviation

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Le domaine de l'aviation est aussi aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre qui dépasse largement les frontières du Québec et du Canada. À un point tel que les standards ont baissé.

Les pilotes se retrouvent avec moins d'expérience aux commandes de gros avions et ceux qui choisissent cette profession s'assurent de monter rapidement les échelons.

On estime que, dans les 20 prochaines années, il faudra deux fois plus de pilotes qu'aujourd'hui pour répondre à la demande. Aussi ceux qui étudient pour devenir pilotes recevront-ils probablement, après obtention de leur diplôme, plusieurs offres d'emplois.

«Si on recule de près de 20 ans, on pouvait s'attendre, chez les transporteurs régionaux, à avoir des pilotes embauchés autour de 4000 heures d'expérience de vol. Maintenant, on est plus autour de 1000 pour ce qui est des premières embauches», a expliqué la directrice générale de l'école Orizon Aviation, Marie-Claude Tanguay.

Est-ce moins sécuritaire pour les passagers? Rassurez-vous: «Ça ne veut pas dire que les gens ne sont pas qualifiés pour la job. Ça veut dire que les gens peuvent se qualifier pour les gros appareils, pour les grosses compagnies, avec moins d'expérience, parce que la demande est là. Ces gens-là sont même parfaitement qualifiés et compétents pour faire ce genre de travail. Ils ont moins d'expérience que les pilotes [n'en] avaient avant, quand ils arrivent au même niveau de leur carrière», a expliqué le président et chef de la direction de l'Association du transport aérien du Canada, John McKenna.

Les grandes lignes aériennes n'arrivent pas à obtenir les candidats d'expérience dont elles auraient besoin et recrutent chez les transporteurs régionaux. C'est l'intensité de l'approvisionnement qui devient problématique.

«Les transporteurs, quand ils ont de la pression, quand ils ont un manque de pilotes, vont couper les lignes qui sont moins rentables. Ça peut se traduire par une perte de service, surtout en région», a poursuivi M. McKenna.

Et ça a un effet domino, la pénurie ayant des échos jusque dans les écoles de pilotage.

«On a des instructeurs de vol qui prennent rapidement de l'expérience, puis qui sont attirés aussi par ces transporteurs-là», a ajouté Mme Tanguay, de chez Orizon Aviation.

On observe également une forte présence de Français. Ces derniers sont attirés par la formation abordable offerte ici, mais une minorité d'entre eux resteront au pays pour travailler.

En vue de pourvoir les 240 000 postes qui devraient être vacants dans les 20 prochaines années, on estime qu'il faudra encourager davantage la relève et inciter les femmes à se lancer dans le domaine. Actuellement, moins d'un pilote d'avion sur dix est une femme.