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Trop-perçus, pas de trop

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Le premier ministre Legault ne retournera pas aux Québécois les frais perçus en trop par Hydro-Québec même s’il l’exigeait dans l’opposition.

La société d’État s’y oppose également. Ces sommes serviront-elles à éponger d’éventuelles pertes liées à des projets mal ficelés, voire inutiles ?

Avant les élections

Jonglant avec l’ironie, je disais souvent à mes collègues syndicaux que nous ne devrions pas avoir de gouvernement, mais seulement des députés d’opposition parce que ceux-ci sont toujours prêts à nous décrocher la lune contrairement aux ministres à la mémoire vague. Les balbutiements du gouvernement caquiste semblent s’inscrire dans cette amnésie providentielle qui les dégage de promesses ou de propos encombrants.

Après avoir mis dans l’embarras l’ex-ministre de l’Énergie, Pierre Moreau, relativement au projet d’énergie éolienne Apuiat, sur la Côte-Nord, en le qualifiant d’inutile avec la complicité du PDG d’Hydro-Québec, le gouvernement se montre soudain moins empressé de le débrancher.

Les rugissements de François Legault contre l’investissement des libéraux dans Bombardier se sont transformés en bêlement d’agneau chez le ministre Fitzgibbon. L’empressement à retourner de l’argent aux contribuables s’est lui aussi dilué sous la houlette du pouvoir.

Détournement de fonds

On peut comprendre l’hésitation du gouvernement Legault à retourner en baisse d’impôt les surplus accumulés sous le régime libéral, toutefois, il en est autrement des frais perçus en trop par Hydro-Québec. Dans le premier cas, les surplus ont été réalisés en détériorant les services à la population et il faudra réparer. Dans le second cas, le tout s’assimile à un remboursement des montants payés pour un service non rendu.

Malheureusement, ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement se sert dans des contributions destinées à d’autres usages. Les libéraux et péquistes équilibraient leur budget en pigeant dans les surplus de la SAAQ. Les conservateurs d’Harper l’ont fait avec la caisse de l’assurance-emploi. Le trop-perçu essuiera-t-il la dette Apuiat ?