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Un échange d’argent ne transforme pas une relation sexuelle en agression

Un échange d’argent ne transforme pas une relation sexuelle en agression
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«Ce n’est pas parce qu’il y a un échange d’argent que, soudainement, une relation sexuelle se transforme en agression», a insisté la porte-parole d'un groupe des 150 féministes ayant signé une lettre ouverte en appui à la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélodie Nelson.

En entrevue avec Benoît Dutrizac, Mme Nelson a néanmoins précisé que «donner de l’argent pour un service ne donne pas la permission de tout faire».

«Il y a des femmes qui se font menacer de mort. Il y a des femmes qui se font effectivement violer. On ne parle pas de travail du sexe dans ces cas-là, on parle d’agression sexuelle», a dit Mme Nelson sur QUB radio.

Depuis le 28 octobre dernier, la FFQ reconnaît la prostitution comme un travail et les travailleuses du sexe comme étant «autonomes» et capables de prendre leurs «propres décisions».

Dans une lettre ouverte, le groupe de 150 féministes a dit souhaiter rétablir les faits, soulignant un «très grand déséquilibre» dans le traitement médiatique de la position de la FFQ vis-à-vis du travail du sexe. Selon Mme Nelson, la résolution adoptée par la FFQ est «très respectueuse» des femmes, tant de celles qui sont dans l’industrie du sexe par choix que de celles qui veulent en sortir.

Mélodie Nelson a soutenu qu’en reconnaissant la prostitution comme un travail, la FFQ considère que les travailleuses du sexe «sont des expertes de leur situation» et «les principales concernées», et qu’elles sont les mieux placées pour identifier leurs «besoins».

Selon elle, il existe «une grande incompréhension par rapport au travail du sexe».

Mme Nelson a également assuré que la FFQ, tout comme le groupe de 150 féministes, ne nie pas l’existence de l’exploitation dans l’industrie du sexe et qu’elle ne la cautionne pas. «Il n’y a personne qui est pour l’exploitation, il n’y a personne qui est pour la traite. On veut toutes mettre fin à ça.»

Réécoutez l'entrevue de Mélodie Nelson à Dutrizac de 6 à 9: