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Agressions sexuelles: le SPVM retire une campagne de sensibilisation controversée

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À la suite d'une controverse, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a retiré un élément d’une campagne de sensibilisation pour prévenir les agressions sexuelles.

Dans le cadre de la campagne «Je sors avec ma gang, je repars avec ma gang», par laquelle le SPVM souhaitait «sensibiliser les femmes aux précautions à prendre pour éviter d’être victime d’une agression sexuelle», on avançait entre autres que «la surconsommation d’alcool» peut rendre une personne «plus vulnérable aux agressions sexuelles».

 

«Au cours des dix dernières années, 300 filles de 18 à 24 ans ont été victimes d’agression sexuelle après avoir pris plusieurs consommations et être reparties seules, à la sortie des bars montréalais», pouvait-on lire dans le dépliant où l'on donnait des conseils aux jeunes femmes.

Bien que la campagne ait été lancée en 2012, ce n’est que dernièrement que certaines voix ont dénoncé le fait que la police mette de l’avant la victime et non l’agresseur.

«C’est une campagne qui met beaucoup la responsabilité de l’agression sur la victime: protège-toi, trouve-toi des façons de ne pas te faire agresser. On n’était pas très contentes qu’ils utilisent cette vieille campagne. [...] Le message sous-jacent, c’est vraiment: si tu ne suis pas toutes ces règles-là, ça va être de ta faute», explique Dominique Raptis, du Regroupement des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.

 

Pour sa part, le SPVM explique que le dépliant faisait partie d’une offensive plus «globale» qui touchait tout le monde.

«Le dépliant était remis aux jeunes femmes de 18 à 24 ans, mais ça faisait partie d’un programme de prévention plus complet où on rencontrait les propriétaires de bar, les tenanciers, les employés et la clientèle de façon plus globale afin de les sensibiliser aux signes précurseurs de la commission de crimes de nature sexuelle et de leur donner des moyens de prévention», raconte le sergent Emmanuel Anglade, de la Division des communications du SPVM.

Sans admettre avoir fait un faux pas, le corps policier a tout de même pris la décision de ne plus distribuer le dépliant en question.

«On a cessé la distribution du dépliant et on est en train de revoir nos outils afin de faire en sorte que le message soit compris par l’ensemble des personnes impliquées», conclut M. Anglade.