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La maternité, ou le sexisme camouflé

La maternité, ou le sexisme camouflé
AFP

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Jacinda Ardern, première ministre néo-zélandaise, fait couler beaucoup d’encre depuis quelques semaines.

Alors que les médias s’attroupaient autour de son conjoint qui prenait soin de leur poupon pendant son discours aux Nations Unies en septembre dernier, on découvre aujourd’hui qu’ô malheur, Jacinda devra s’absenter 6 jours du nid familial pour un voyage d’affaires.

La petite Neve, née en juin dernier, a en effet secoué les plaques tectoniques océaniennes en devenant le deuxième enfant à naître pendant le mandat d’une femme. Contrairement à Benazir Bhutto, Pakistanaise ayant accouché en 1990, les réactions envers Jacinda furent positives. «Wow, inspirant, une femme au pouvoir avec un enfant!»

L’exemple de conciliation travail-famille de Jacinda Ardern est certes indéniablement inspirant. Mais la réaction médiatique l’entourant est le reflet de ce sexisme du quotidien que subissent bon nombre de mères autour du globe.

Vision hypocrite

Depuis quelques semaines, je travaille pour un impérieux projet consistant à aider les mères à conjuguer maternité et développement professionnel. Des femmes qui ont vu des portes se refermer à la venue d’un enfant, j’en rencontre trop souvent.

Si ces femmes peinent à garder le cap, c’est justement parce que le cas Ardern est perçu comme un privilège. Lors de l’annonce de sa grossesse, les questions sur sa capacité à rester au pouvoir lui ont inspiré un «Je suis enceinte, pas handicapée».

Rappelons que jamais un homme n’aurait eu à accuser ces doutes.

Solutions

Quand on découvre que selon l’IRIS, les Québécoises consacreraient en moyenne 14 heures par semaine aux tâches ménagères contre 8,6 heures pour leur conjoint, on comprend que même dans les pays où la relation homme-femme est perçue comme égalitaire, on s’attend encore à ce qu’elle passe plus de temps à la maison, et moins au bureau.

Certes, les nouvelles mères ont besoin de plus de repos. Mais si la société s’arrangeait pour que la fondation d’une famille ne soit pas perçue comme un fardeau porté uniquement par les femmes, elles auraient enfin cette liberté qui leur permettrait, tout comme les hommes, de travailler au maximum de leurs capacités.

 

Écoutez les réactions de Pierre Martin au sujet de cette chronique à partir de 2 minutes 05 secondes

 

Cette chronique est en lien à la thématique politique internationale proposée par Pierre Martin.

 

 

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