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Les défis de la vague bleue au Congrès

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Il y a bel et bien eu une vague bleue le 6 novembre et la nouvelle majorité démocrate à la Chambre des représentants changera significativement la donne politique à Washington. Qui sont ces nouveaux démocrates ? Que feront-ils ?

Les résultats ont tardé à émerger dans plusieurs courses serrées, mais le décompte final montrera une grosse victoire démocrate aux élections de mi-mandat.

Certains commentateurs proclamaient au lendemain de l’élection que Donald Trump pourrait désormais dormir tranquille. C’est faux, comme Trump l’a démontré depuis l’élection en affichant une humeur massacrante, y compris pendant son désastreux séjour en France.

En fait, les démocrates lui ont infligé une défaite amère à la Chambre des représentants, par une marge du vote populaire qui dépasse celle de la victoire des républicains en 2010.

Les nouveaux démocrates

Les démocrates auront bientôt le haut du pavé au Congrès, où leurs nombreuses recrues apporteront une saine infusion de diversité.

Ces recrues comptant des jeunes, des femmes et des membres de minorités vont détonner dans une Chambre dominée par les hommes blancs d’un certain âge.

Parmi ces recrues, il y a des modérés et des progressistes, des gens de multiples horizons dont plusieurs ont une solide expérience militaire ou internationale, et des citoyens enracinés dans leur communauté qui ont répondu à l’appel de la résistance au trumpisme.

Les défis

Les démocrates n’auront pas nécessairement la vie facile. D’abord, il faudra régler le problème du leadership. L’actuelle leader du parti en Chambre, Nancy Pelosi, est contestée et quelques recrues ont promis de ne pas l’appuyer. Elle surmontera probablement cette opposition et ceux qui croient qu’elle s’écrasera devant Trump risquent d’avoir des surprises.

Évidemment, les démocrates ne pourront pas dicter leurs priorités et ils bloqueront celles des républicains, mais ils devront éviter de se faire étiqueter comme des obstructionnistes.

Ils pourront peut-être s’entendre avec Trump sur les infrastructures, mais ce dernier tentera probablement de les piéger en liant le financement de leurs projets à des priorités partisanes comme son fameux mur à la frontière sud.

Une lutte à finir

Le contrôle de la Chambre permettra aux démocrates de rendre la vie très difficile au président en enquêtant sur l’affaire russe, sur les allégations de corruption dans son administration et sur les zones d’ombre de ses affaires passées. Si Trump peine à contrôler son tempérament maintenant, imaginez quand ces enquêtes battront leur plein.

Ça ne veut pas nécessairement dire que Donald Trump sera nécessairement destitué ou défait. Si le rapport du procureur Mueller est le moindrement ambigu, les démocrates ne pourront pas compter sur les républicains pour la destitution et ils risqueraient gros à enclencher le processus sans garantie de gagner.

Les démocrates risquent aussi gros s’ils exacerbent leurs divisions au moment de choisir un opposant à Trump.

L’élection de mi-mandat met les démocrates sur la bonne voie pour envisager avec optimisme les deux prochaines années, mais les jeux sont loin d’être faits pour 2020.