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Ottawa ne trouve rien à redire sur les licenciements de Bombardier

Le PDG Alain Bellemare a encore une chance de renverser la vapeur

Navdeep Bains
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Navdeep Bains

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OTTAWA | Même si Bombardier s’apprête à licencier 5000 travailleurs, dont 2500 au Québec, l’entreprise continuera à respecter les conditions d’un prêt fédéral de 372,5 M$ consenti l’an dernier, soutient le ministre de l’Innovation, Navdeep Bains.

Pour obtenir les fonds d’Ottawa, Bombardier s’est engagée à maintenir 4000 emplois et à en créer 1300 autres. « Ils sont en train de faire cela », a soutenu hier M. Bains en marge d’un sommet organisé par l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC).

Selon la logique du gouvernement, Bombardier peut donc créer des postes d’un côté et en supprimer de l’autre sans affecter le calcul du nombre d’emplois.

Charest défend Bombardier

Également présent à l’événement de l’AIAC, l’ancien premier ministre Jean Charest s’est porté à la défense des importantes aides publiques consenties à Bombardier au fil des ans.

« Les soutiens qu’ils ont obtenus ont toujours été profitables à l’État, a-t-il confié au Journal. Les gouvernements n’ont pas perdu d’argent avec Bombardier. Les gens ont parfois l’impression qu’ils reçoivent des subventions directes, mais ce n’est pas le cas du tout. »

Selon lui, Québec finira même par rentrer dans son argent avec l’investissement de 1,3 G$ effectué dans la C Series en 2016.

« Mais ce n’est pas du court terme, a-t-il prévenu. C’est une entreprise qui continue à être extrêmement importante pour l’avenir du Québec. »

Pour l’instant, le placement du gouvernement est dans le rouge de près de 200 M$ si l’on se fie à des chiffres publiés récemment par Airbus et Bombardier.

Sur un autre front, des analystes financiers ont estimé hier que le PDG de Bombardier, Alain Bellemare, allait devoir se montrer très convaincant lors de la journée des investisseurs de l’entreprise, qui aura lieu au début décembre à New York.

Journée clé à New York

« Il n’y a pas de passe-droit quand vous êtes une entreprise fortement endettée et que les taux d’intérêt montent », a affirmé à Bloomberg l’analyste Nick Heymann, de la firme William Blair & Co. Ils ont une chance de rectifier le tir et c’est à la journée des investisseurs. »

Les marchés n’ont pas apprécié la révélation, la semaine dernière, d’un trou de plusieurs centaines de millions de dollars dans les liquidités de Bombardier.

Mardi, M. Bellemare a tenté de rassurer les investisseurs lors d’une conférence à Toronto, mais il n’a pas vraiment réussi : l’action a terminé la journée en baisse de 10 %. Hier, le titre a encore cédé 2 %.