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Décisions du gouvernement Ford concernant les francophones: la ministre Mulroney sort de son mutisme

Décisions du gouvernement Ford concernant les francophones: la ministre Mulroney sort de son mutisme
Photo d'archives, Agence QMI

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OTTAWA | La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, est finalement sortie de son mutisme vendredi, 24 heures après que son gouvernement eut annoncé la fin du projet d’université de langue française à Toronto et d’abolition du Commissariat aux services en français.

En entrevue à la caméra de Radio-Canada à Terre-Neuve où elle participait à une rencontre ministérielle, Mme Mulroney a indiqué que les droits des 600 000 francophones ontariens vont être protégés.

«Le travail que fait le Commissariat va toujours continuer, les droits linguistiques vont être protégés. Les Ontariens et les Ontariennes auront toujours un bureau indépendant du gouvernement pour porter plainte s’ils en ont. Il y aura un agent indépendant. L’ombudsman, comme présentement le commissaire, qui va pouvoir étudier ces plaintes et produire des rapports s’il le veut», a-t-elle dit.

Les décisions de son gouvernement qui touchent les francophones ont suscité plusieurs réactions.

Le chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé, a indiqué que sa formation avait «défendu activement les francophones de l’Ontario dans le dossier de l’Hôpital Montfort», le seul centre hospitalier francophone de l’Ontario, que les conservateurs de Mike Harris avaient voulu fermer il y a plus de 20 ans. «J’invite François Legault à en faire autant pour celui de l’Université de l’Ontario français», a-t-il ajouté, alors que le premier ministre québécois rendra justement visite à son homologue ontarien lundi, à Queen’s Park.

François Choquette, porte-parole du NPD en matière de langues officielles, s’est joint au concert de mécontentement en parlant d’«une décision purement idéologique» et d’«une attaque directe et inacceptable à l’endroit de nos langues officielles».

De son côté, en visite officielle à l’étranger, en faisant une déclaration officielle à l’occasion du Jour de Louis Riel, mais sans mentionner directement la controverse dans laquelle se retrouve le gouvernement ontarien, le premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué sur Twitter que «c’est une excellente journée pour penser au rôle essentiel des gouvernements pour protéger, préserver et chérir les droits liés aux langues minoritaires – le français et l’anglais – au Canada». «On a tous le droit de vivre et de travailler dans la langue officielle de notre choix», a écrit M. Trudeau.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a lui aussi ajouté son grain de sel en parlant d’une «décision mesquine» et de «provocation» de la part de Doug Ford.

Même le Quebec Community Groups Network (QCGN), qui représente 59 organismes communautaires d’expression anglaise du Québec, a «condamné» les choix du gouvernement ontarien. «L’un de ces importants piliers qui protégeaient les droits et les intérêts des Franco-Ontariens a été aboli par le gouvernement Ford, a dit son président, Geoffrey Chambers. Il s’agit d’un revers pour le développement et la vitalité des Franco-Ontariens et de toutes les communautés linguistiques en situation minoritaire partout au Canada.»