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Le Québec «open for business»

Journal de Québec
Photo courtoisie, Ministère du conseil exécutif François Legault – qu’on voit ici auprès du gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker – passe le message que le Québec est ouvert aux affaires durant ses missions économiques. Mais est-ce vrai ?

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J’adore entendre François Legault se présenter à Boston ou ailleurs et passer le message que le Québec est ouvert aux affaires, ouvert à accueillir des investisseurs. Je suis certain de la sincérité de ce premier ministre issu du monde entrepreneurial lorsqu’il lance ce message. Cependant, pour que ce message porte ses fruits, il faut que cela soit vrai.

Les formules positives pourront capter l’intérêt des investisseurs potentiels, les amener à considérer le Québec comme un lieu potentiel où implanter de nouvelles activités. Cependant, il faudrait être dopé pour penser que de grandes décisions d’investissement se prennent sans utiliser la calculatrice.

Est-ce la réalité ?

Regardé froidement et factuellement, le Québec est-il « open for business », c’est-à-dire ouvert à faire des affaires ? Le Québec détient certainement des atouts. Notre économie est moderne et nous nous sommes dotés de certains grands outils économiques qui peuvent faire la différence.

Cependant, le Québec demeure une juridiction où les entreprises font face à une lourde réglementation et à une structure de taxation élevée. Même nos propriétaires d’entreprises locaux se demandent parfois si leur gouvernement veut vraiment les laisser faire des affaires au Québec.

On entend souvent que démarrer une entreprise au Québec requiert plus de permis qui sont plus longs à obtenir et qui coûtent plus cher. Tout cela pour payer plus d’impôt qu’ailleurs si jamais vous vivez une réussite.

Notre Code du travail penche comme la tour de Pise en faveur des organisations syndicales. Le Québec présente d’ailleurs de loin le plus haut taux de syndicalisation au Canada. Une excellente chose, diront certains. Certainement pas un atout pour attirer des investissements.

Le dossier des ressources naturelles n’est pas reluisant. Les freins au développement au Québec se multiplient. Notre gouvernement ne tient même pas parole. On se lance dans des projets pour reculer l’année suivante, comme ce fut le cas avec Anticosti.

Des entreprises dépensent de l’argent pour obtenir un permis en suivant les processus réglementaires et environnementaux, et se font dire ensuite que le gouvernement a changé d’idée : ce permis ne vaut plus rien. Certaines entreprises finissent par avoir recours aux tribunaux pour faire valoir leur droit et être compensées.

Investissements requis

Pourtant, le Québec a dramatiquement besoin d’investissements privés. Représentant près du quart de l’économie canadienne, le Québec peine à aller chercher 15 % des investissements privés non résidentiels.

Ce manque cruel d’investissements constitue probablement la première explication à l’appauvrissement du Québec. Ce sont les investissements privés dans les équipements, la technologie ou les bâtiments des entreprises qui sont garants de la prospérité future. Pas de tels investissements aujourd’hui, peu de prospérité demain.

Nous en avons eu un exemple patent cette semaine des conséquences d’un manque d’investissement. L’usine de Sico qui vient de fermer était désuète. Le transfert des activités devient alors la solution évidente et les emplois s’envolent.

Monsieur Legault a raison de passer son message. Il faudra avoir le courage d’opérer les réformes pour que ce soit vrai.