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QS, l’allié de Justin Trudeau

Catherine Dorion et Gabriel Nadeau-Dubois
Photo d’archives, Élisa Cloutier Catherine Dorion et Gabriel Nadeau-Dubois

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Le soir de l’élection du 1er octo­bre dernier, Québec solidaire, grisé par les résultats qui lui accordaient 10 députés le plaçant à égalité avec le PQ, se comportait comme s’il était le parti qui venait de prendre le pouvoir.

Revenu sur terre depuis, QS cherche donc à se démarquer dans le paysage politique. Il y a réussi, cette semaine, de façon renversante, honteuse même, en exhortant le gouvernement Trudeau d’empêcher François Legault, le premier ministre, de réduire le nombre d’immigrants au Québec.

Cette annonce ne surprend guère puisque la CAQ avait fait une promesse électorale que le Québec passerait de 52 000 à 40 000 immigrants dès 2019.

Scandaleux

L’appel de Québec solidaire à Justin Trudeau afin d’empêcher François Legault de concrétiser sa politique d’immigration, laquelle est appuyée par une confortable majorité de Québécois, est scandaleux et révoltant.

Notons que le Parti libéral du Québec, dont on connaît la politique d’immigration signée Couillard n’a absolument pas emboîté le pas à Québec solidaire. Cela démontre bien l’aberration des dirigeants de QS d’exiger qu’Ottawa mette le Québec au pas. N’est-ce pas dans le sillage de la Loi sur les mesures de guerre de triste mémoire ? Qui croit toujours que Québec solidaire apporte un vent de fraîcheur et de renouveau sur la scène politique ? Qui persiste à affirmer que QS, déguisé en un parti souverainiste, souhaite se consacrer aux intérêts du Québec ?

Cet appel à Ottawa annonce des trahisons futures et avant tout un mépris des institutions québécoises. Le Québec possède une juridiction en matière d’immigration, ce qui lui permet, entre autres, de choisir une partie des immigrants.

Négociation

D’ailleurs, le ministre responsable, Simon Jolin-Barrette, est en train de négocier les modalités de cette baisse d’immigration avec le ministre fédéral Dominic Leblanc, et ce, dans un climat « serein », a déclaré Jolin-Barrette.

QS a des croûtes à manger et aura des couleuvres à avaler pour se comporter en parti responsable et pour comprendre la dynamique Québec-Ottawa dans le contexte préélectoral où Justin Trudeau n’a pas intérêt à braquer l’électorat québécois, dont il n’ignore pas qu’il appuie la politique de François Legault en la matière.

Québec solidaire s’est démasqué en appelant Trudeau à la rescousse. Si Québec solidaire cherche à consolider ses appuis dans les communautés culturelles, il ne doit pas oublier que le PLQ a payé le prix de ce clientélisme en subissant le balayage que l’on sait. Justin­­­ Trudeau devient prudent face au Québec. QS ne peut pas, dès lors, compter sur lui pour mettre le Québec K.O.

Gabriel Nadeau-Dubois, qui a besoin de micros et de caméras, s’est aussi porté à la défense de la députée-poétesse Catherine Dorion de Québec qui compare le troisième lien à une ligne de la cocaïne, de la « marde » en somme. « La métaphore est originale et un peu osée... et c’est tant mieux. Les gens sont tannés de la langue de bois », a-t-il tweeté­­­. Les citoyens pourraient aussi­­­ se tanner de Gabriel Nadeau-Dubois lui-même, s’il continue à discourir de la sorte.