/weekend
Navigation

Mensonges et crises dans les cuisines

Nadine Bismuth
Photo PIerre-Paul Poulin Nadine Bismuth

Coup d'oeil sur cet article

Posant un œil critique sur les familles modernes, Nadine Bismuth invite les lecteurs à suivre les péripéties de familles éclatées et de couples en voie d’explosion dans un roman de mœurs à la fois drôle et tragique, miroir de la société contemporaine québécoise, Un lien familial.

Le roman parle de la rencontre imprévue entre Magalie, une jeune mère designer de cuisines, et Guillaume, un policier et père célibataire d’une jeune ado. Confiné dans sa banlieue, Guillaume endure la solitude d’un homme qui a vu son couple éclater. Elle, dans la frénésie de sa vie au centre-ville, découvre que son conjoint la trompe.

Sur fond de rénovation de cuisines, de gardes partagées, de blogues de cuisine pour mères parfaites, de liaisons clandestines et de réveillon qui tourne à la catastrophe, Nadine Bismuth explore les charmes et les pièges de la société d’aujourd’hui dans son nouveau roman. Et elle le fait avec brio.

Générations

« Au début, ce qui m’intriguait, et l’histoire que ça me tentait de raconter, c’est comment deux adultes dans la quarantaine se rencontrent à travers leurs parents qui commencent à sortir ensemble », explique Nadine Bismuth.

Elle se disait que ça devait bien arriver, puisqu’il y a des baby-boomers qui sont divorcés et qui commencent de nouvelles relations. « Et à un moment donné, ils disent à leurs enfants : j’aimerais ça que tu rencontres mon nouveau chum ou ma nouvelle blonde... »

Et de là, qu’arrive-t-il si les enfants des nouveaux tourtereaux tombent amoureux, comme Guillaume, qui a un super coup de foudre pour Magalie ? « Je trouvais que c’était complexe, comme situation. Magalie, ça va mal dans son couple. Guillaume tombe amoureux d’elle, mais il sait que c’est impossible. Les thèmes et la vie d’aujourd’hui sont venus se greffer autour de ça. Et je ne savais pas comment ça allait finir. »

Au fil de l’écriture, Nadine Bismuth s’est attachée à ses deux personnages principaux. « Magalie, je la trouve complexe, dans sa réaction envers son couple infidèle. Elle est trompée, mais décide de faire pareil pour contrôler la situation et oublier ce qui se passe du côté de Mathieu. Elle veut avoir l’impression qu’elle est à égalité avec lui. Je me suis attachée à elle, à son questionnement : elle veut sauver sa famille. »

Guillaume, de son côté, reste dans sa banlieue pour ne pas perturber sa garde partagée, endure son « ex » particulièrement fatigante, s’occupe de sa fille et fait beaucoup de sacrifices pour que tout se passe bien.

« Il est tout seul, il est célibataire, il ne va pas sur Tinder et ne cherche pas à consommer des relations les unes après les autres. Il a un côté franc, honnête, et sa rencontre avec Magalie, c’est comme s’il l’attendait. C’est le rêveur du roman. Magalie est désenchantée. Lui, il est tout seul, mais il croit encore à cette rencontre, malgré tout. »

  • Nadine Bismuth sera au Salon du livre de Montréal aujourd’hui de 16 h à 17 h, ainsi que demain de 13 h à 14 h et de 16 h à 17 h. L’auteure sera aussi en dédicace demain de 14 h 30 à 15 h 30.
  • Nadine Bismuth a publié deux recueils de nouvelles et un autre roman, Scrapbook, en 2004.
  • Ses best-sellers ont été traduits en plusieurs langues.
Un lien familial, Nadine Bismuth, Éditions Boréal, 328 pages
Photo courtoisie
Un lien familial, Nadine Bismuth, Éditions Boréal, 328 pages