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Celles qui prennent la pilule ont plus de «pensées vagabondes»

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Les femmes qui prennent la pilule contraceptive présentent une fréquence plus élevée de pensées vagabondes que le reste de la population, ont découvert des chercheurs du Centre d’études du stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM).

En entrevue avec Mario Dumont, l’une des chercheuses, Catherine Raymond, a expliqué que les pensées vagabondes peuvent se définir comme étant des pensées qu'une personne a alors qu'elles n'ont aucun lien avec la tâche qu'elle effectue.

«C’est la traduction très libérale qu’on a faite de l’expression ''mind wandering''. Ce sont toutes sortes de pensées qu’on peut avoir au cours de la journée qui ne sont pas associées à la tâche qu’on est en train d’effectuer. Ces pensées peuvent être de l’anticipation du futur. ''J’ai un rendez-vous médical demain, ça m’inquiète'', par exemple, ou encore à des événements passés», a expliqué la chercheuse.

Le phénomène est très répandu, et ce, autant chez les hommes que chez les femmes. «Chez l’individu moyen, ça peut arriver jusqu’à 50 % du temps durant la journée!», a noté Catherine Raymond.

Les chercheurs ont remarqué que le taux de pensées vagabondes augmentait chez les femmes qui prenaient des contraceptifs oraux, vis-à-vis des autres femmes ou des hommes.

Dans le cadre de l’étude, la fréquence des pensées vagabondes de 28 femmes qui prenaient un contraceptif oral depuis au moins un an a été évaluée en comparaison à deux groupes de contrôle, soit 14 femmes qui ne prenaient pas de contraception orale et 29 hommes.

Celles qui ont participé à l’étude étaient des femmes qui sont en santé, qui ne souffraient pas d’anxiété ou d’autres troubles mentaux.

«Des études antérieures ont démontré qu’il y a une association quand même significative entre la prise de contraceptifs oraux et le développement de la dépression. Ce qu’on note, c’est que, chez les femmes qui débutent la prise de la pilule, elles ont plus de risques, six mois plus tard, de prendre des antidépresseurs ou de consulter pour des problèmes dépressifs», a expliqué Catherine Raymond.

Les scientifiques se sont demandé si la prise de la pilule par des femmes en pleine santé pouvait poser des problèmes sous-cliniques qui ne sont pas assez sérieux pour être abordés lors d’une consultation médicale.

Tristesse, humeur négative

Les pensées vagabondes, qui peuvent nuire à la productivité au travail, sont surtout associées à des symptômes dépressifs.

«Plus on a de pensées vagabondes au quotidien, plus on va souffrir de symptômes dépressifs, de tristesse, d’humeur négative. Ç’a été documenté que les pensées vagabondes sont associées à moins de bien-être. Donc, plus je vis dans le moment présent, plus je suis concentrée sur ce que j’effectue, plus je vais être heureuse», a détaillé la Mme Raymond.

Même si les pensées vagabondes sont agréables, elles demeurent tout de même dans l’ordre du symptôme dépressif. «C’est quand même associé à un niveau de bien-être qui est réduit», a souligné la chercheuse.

L’étude soutient l’idée que la prise de contraceptifs oraux augmente la vulnérabilité cognitive qui pourrait mener à la dépression.