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Le Canada s’en fiche

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J’ai déclenché un tollé chez les francos hors Québec lors de mon passage à TLMEP. J’ai affirmé que les communautés francophones allaient disparaître peut-être au Canada. Je m’appuyais sur des chiffres de Statistique Canada.

J’ai énoncé tout haut des faits. J’ignorais alors que j’allais devenir une prophétesse de malheur. Car dans mon esprit, seuls les courageux Franco-Ontariens et Acadiens ont réussi grâce à leur poids démographique à contrer l’assimilation inéluctable observée dans le reste du Canada.

Doug Ford, le premier ministre ontarien, vient de déclencher la guerre aux francophones. Il indique ainsi qu’il se fiche des revendications des Franco-Ontariens, qui d’ailleurs ne votent pas pour lui.

Doug Ford est l’incarnation du mépris canadien à l’endroit de tous les francos, ce qui inclut la majorité des Québécois. De plus, les médias du Canada anglais n’ont de cesse de traiter les Québécois de racistes.

Anglos silencieux

Les confrères anglos, si prompts à associer le nationalisme québécois à l’extrême droite qui sévit en Europe, ont l’indignation en veille. Pour parler cru, le Canada anglais, riche de ses nombreuses communautés culturelles qui se nourrissent du multiculturalisme, s’est délesté des contraintes des deux langues officielles.

Le premier ministre unilingue du Nouveau-Brunswick, qui n’a qu’un seul francophone dans son cabinet, annonce des jours difficiles pour les Acadiens, ces soldats vaillants de la francophonie canadienne.

Les Franco-Ontariens auront besoin de l’appui moral des Québécois pour survivre à l’assaut anti-francophone de Doug Ford, ce populiste qui ressort des démons qui hantent l’imaginaire des Ontariens dont l’histoire est entachée par des lois iniques interdisant l’enseignement du français. Et la province a déjà connu des incidents déplorables même en 1989 lors de l’accord du lac Meech alors qu’à Brockville une foule a piétiné le drapeau québécois.

Cette offensive vicieuse de Doug Ford assombrit l’avenir des francos. Qui peut le contester ?