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Un livre pour sensibiliser à l'importance de savoir lire et d'écrire

Jean-Yves Lachance
Capture d'écran, TVA Nouvelles Jean-Yves Lachance était en entrevue sur les ondes de TVA Nouvelles.

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QUÉBEC – Un groupe d'adultes qui étaient jusqu'à tout récemment analphabètes lanceront le 3 décembre un livre parlant de l'importance de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

«La Traversée, il n’y a pas d’âge pour apprendre» réunit les témoignages d'une quinzaine d'adultes qui ont dû se débrouiller au quotidien avec leur analphabétisme.

Parmi eux, on retrouve Jean-Yves Lachance, qui a commencé à travailler très jeune. En 60 ans de carrière, jamais il n'a manqué de travail parce qu’il ne savait pas lire.

«J'avais 400 clients et je retenais les comptes dans ma tête», a-t-il témoigné à TVA Nouvelles lors d’un cours d’alphabétisation populaire à l’organisme Alphabeille Vanier, à Québec.

Il s'est débrouillé pratiquement toute sa vie ainsi. «C'est toujours ma femme qui a tout fait. Quand j’ai bâti notre maison, c’est elle qui s'occupait du notaire. J'y suis allé juste pour signer mon nom», a-t-il confié.

Le besoin de poursuivre son éducation là où il l'avait laissé s'est fait sentir il y a de cela 4 ans, alors qu'il avait 74 ans.

«Ce n’est plus pareil. J’ai plus confiance en moi, plus d’autonomie en plus. Avant, je n’étais pas capable de faire un chèque. Maintenant, je les fais moi-même», a expliqué M. Lachance.

Sa plus grande réussite est d’avoir écrit pour la première fois de sa vie une carte de souhaits pour les 15 ans de son petit-fils. Un moment touchant qui, encore aujourd’hui, remue ses émotions.

Des gens dans sa situation, il y en a beaucoup. Un adulte sur cinq au Québec est aux prises avec de sérieuses difficultés de lecture.

C’était le cas de Marcel Fortier, 53 ans, un ancien travailleur de la construction. Il est aussi retourné sur les bancs d'école.

«Ce que ça change, c’est qu'on peut être plus autonome. Ça m'a aidé à passer au travers de ma dépression en même temps. En faisant ça, on ne reste pas à la maison, on ne se tourne pas les pouces. On arrête de penser aux choses négatives.»

Ces cours ont aussi permis à Louise Saint-Pierre, 59 ans, de sortir de l’isolement.

«La confiance prend une débarque à un moment donné. Quand j’ai passé les portes, ç'a été le début de ma traversée.»

Elle décrit son apprentissage de la lecture et de l'écriture comme le tournant de sa vie. «Je vais avoir 60 ans, puis c'est là que ma vie commence», a-t-elle affirmé.

Les auteurs du livre encouragent les nombreux analphabètes du Québec à demander de l’aide et à retourner à l’école.