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Les laitues romaines infectées par des bœufs de l’Arizona

Des troupeaux à proximité de champs de laitue auraient causé l’éclosion d’E.coli

Bernadette Perron
Photo Camille Garnier À défaut de pouvoir offrir à ses clients de la laitue romaine, Bernadette Perron, employée du restaurant Lola Rosa de la rue William, leur propose d’autres options.

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Des bœufs de l’Arizona seraient responsables de la nouvelle éclosion de la bactérie E. coli dans des laitues romaines, qui force les autorités canadiennes à interdire leur consommation et les restaurateurs à s’adapter.

La source de la contamination a été décelée à Yuma, en Arizona, où sont produites des quantités phénoménales de laitue romaine, selon Sylvain Charlebois, un spécialiste en politiques agroalimentaires.

Au cœur du problème : « Des pâturages de bœufs adjacents à des champs de production de laitue romaine tout simplement. La Californie est passée au travers du même problème il y a quelques années. On a déplacé des gens, mais en Arizona, ça dure depuis avril », a précisé M. Charlebois en entrevue à LCN.

Après avoir recensé une quinzaine de cas de contamination à la bactérie E. coli au Québec et trois en Ontario sur des personnes ayant mangé de la romaine, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a demandé aux résidents des deux provinces de ne plus en consommer.

Mercredi, l’ASPC a indiqué avoir détecté un 19e patient contaminé, cette fois au Nouveau-Brunswick.

Aux États-Unis, 32 cas ont été rapportés entre les 8 et 31 octobre dans 11 États.

La plus grande partie des laitues romaines à ce temps-ci de l’année, toutes marques confondues, provient de l’Arizona, confirme M. Charlebois.

« À mon avis, la Food and Drugs Administration aux États-Unis a été un peu laxiste, dénonce l’expert. On a laissé l’industrie tenter de régler le problème, mais huit mois plus tard, il est toujours là. »

Remplacer la romaine

Puisque nous sommes en novembre, le Canada est à la merci des importations de fruits et de légumes, note M. Charlebois.

« On ne peut pas prendre de risque, surtout pour les gens qui ont un système immunitaire affaibli. »

L’expert suggère de remplacer la romaine par de jeunes feuilles de chou vert frisé (« baby kale ») ou de la laitue iceberg.

À Montréal, les restaurateurs qui utilisaient ce type de laitues ont dû trouver des solutions.

<b>Éric Bieunais</b></br> 
<i>Propriétaire de restaurants</i>
Photo Toma Iczkovits
Éric Bieunais
Propriétaire de restaurants

« Ça nous pose un problème pour notre salade César, qui est l’un des items les plus vendus sur le menu, explique Éric Bieunais, propriétaire des quatre restaurants Lola Rosa à Montréal. On fait des tests en ce moment pour voir si on remplace la romaine par du mesclun ou de la roquette. On va voir quelle solution offre le plus de croquant et modifier un peu la recette. »

M. Bieunais indique avoir dû mettre au compost une bonne vingtaine de caisses de romaine, ce qui représente environ 500 $.

« On ne reçoit pas d’indemnisation malheureusement », précise le restaurateur, qui relativise tout de même en rappelant que les fournisseurs subiront des pertes bien plus importantes.

Contactée par Le Journal, la chaîne de restauration rapide McDonald’s a affirmé avoir retiré la laitue romaine de son menu et ajouté qu’elle enverrait dans les prochains jours un mélange de salade de remplacement à l’ensemble de ses restaurants.