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La filière Lefèvre

Lohan et Wandrille se côtoient depuis deux ans chez les Carabins

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Wandrille et Lohan Lefèvre ont remporté la semaine dernière à Vancouver le championnat national U Sports, le premier comme entraîneur adjoint et le deuxième comme joueur, avec les Carabins de l’Université de Montréal.

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L’équipe de soccer masculin des Carabins de l’Université de Montréal a remporté un premier championnat national il y a près de deux semaines et parmi les vainqueurs, il y avait les frères Lohan et Wandrille Lefèvre.

Le premier, qui n’est âgé que de 18 ans, est un étudiant de deuxième année en Administration à HEC Montréal et a obtenu ses premières minutes cette saison après avoir été un joueur de réserve l’an passé.

Le second a dix ans de plus et est adjoint à l’entraîneur-chef, Pat Raimondo. Il a lui aussi étudié à HEC Montréal en plus de porter les couleurs de l’Impact de 2011 à 2017.

Lohan a vécu au Québec de 2003 à 2009 avant que la famille retourne à Lyon, mais il allait de soi qu’il vienne rejoindre son grand frère l’an passé.

« C’est sûr que le grand frère a un peu influencé ma décision, mais j’ai toujours aimé Montréal, on est revenu en vacances pour lui rendre visite et visiter le Québec et le Canada », confie le cadet.

« C’est devenu une évidence à un certain point que mon premier choix était HEC plus le fait d’avoir le sport de haut niveau avec les études, c’est quelque chose qu’on ne peut pas avoir en France ou en Europe. »

Labeur

En arrivant chez les Bleus à seulement 17 ans, Lohan a dû déployer beaucoup d’efforts et n’a rien eu de cuit dans le bec.

« L’année où je suis arrivé, je ne m’attendais pas forcément à être réserviste et à ne pas jouer de l’année, mais à partir de là, j’ai juste voulu progresser et me tailler une place dans le 18. »

Il faut dire que Wandrille a été très direct quand il est arrivé au pays, l’an passé.

« Il n’a pas le même background que moi. J’ai été très cru et cruel avec lui en juillet 2017. Je lui ai dit qu’avec son niveau, il ne ferait pas l’équipe.

« En un an et demi, ce qu’il a fait depuis qu’il est arrivé et là où il en est rendu, il a travaillé pour intégrer l’alignement et avoir ses minutes parce qu’il a joué cette année. Je vois sa progression et chapeau à lui. »

Écrit dans le ciel

C’était pour ainsi dire écrit dans le ciel que Lohan allait un jour marcher sur les traces de Wandrille.

« J’allais le voir jouer avec les Carabins quand j’étais petit. Ça m’avait toujours plus de voir un bon niveau et une bonne cohésion d’équipe. On voyait que c’était une famille.

« Je me rappelle d’une discussion avec Pat [Raimondo] qui me disait que je serais le prochain, ça je ne l’ai jamais oublié. »

Wandou a essentiellement tracé la route pour son frangin.

« Wandrille c’est une inspiration pour moi à travers le fait qu’avec ses études il a toujours été sérieux. Il a su combiner le sport de haut niveau et les études, ça m’a donné des idées. »

Très différents

Même s’ils partagent le même sang, les deux frères Lefévre sont bien différents. Lohan communique aisément, mais semble plus réservé alors que Wandrille a du bagout et dégage beaucoup de confiance.

« Les deux sont très différents comme joueur. On ne se le cache pas, Wandrille était un peu plus difficile à diriger », confirme Pat Raimondo qui dirige les Carabins depuis la fondation du programme, en 2001.

Il a une place de choix pour observer les interactions entre les deux frères.

« C’est une relation très spéciale entre eux, ça se voit comment ils se parlent et comment ils se respectent. Wandrille ne veut que du bien pour son frère.

Passionnés de foot

Quand ils ne sont pas ensemble sur le terrain de l’Université de Montréal, Wandrille et Lohan Lefèvre partagent le même condo d’Outremont.

« On est des passionnés, on se parle de foot tout le temps, soutient Wandrille. Je l’ai encadré surtout la première année et je fais comme mon père faisait avec moi, je lui fais des débriefs. »

Essentiellement, l’aîné tâche de garder le plus jeunes les deux pieds fermement ancrés sur terre.

« On sort d’un match, je vais avoir tendance à penser plus aux choses positives. Lui, il va me montrer ce que j’ai fait de moins bien pour l’améliorer pour la prochaine fois », confirme Lohan qui est un maniaque des détails.

« Il analyse beaucoup ses matchs et ceux de ses coéquipiers, explique Wandrille. Il connaît tous les adversaires. »

Mince ligne

Pas facile quand on est frères et colocataires de marcher sur la mince ligne entre la famille et l’autorité de l’entraîneur.

« C’est plus lui qui a du mal à accepter quand ce n’est pas son frère qui lui parle, soutient Wandrille. Dans notre relation fraternelle, on se rentre dedans.

« Il doit accepter qu’on ait un travail à faire. Dès qu’on porte le logo Carabins, je suis son coach et si je le reprends, il doit mettre de côté le volet personnel. Il a un peu de mal à faire ça et c’est normal à 18 ans, on a une fibre rebelle. »

Le plus jeune assure qu’il fait des efforts pour séparer les choses.

« J’essaie toujours de me dire que ça reste toujours mon frère avant d’être un coach même si ce n’est peut-être pas forcément la meilleure des choses. Ça reste un mentor avec le niveau auquel il a joué et les joueurs contre qui il a joué. Je ne peux qu’apprendre. »

Le bon rôle

Même s’il n’a jamais officiellement pris sa retraite, on comprend que Wandrille Lefèvre ne rechaussera probablement jamais les crampons de manière professionnelle.

« Après un an d’inactivité, pas de porte s’est spécialement ouverte, j’aime ce que je fais maintenant. Je ne suis pas du genre à faire une déclaration publique. »

Comptable de formation, l’aîné est conseiller en financement quand il n’occupe pas son poste d’entraîneur adjoint. Il œuvre aux côtés de Pat Raimondo depuis deux ans, un rôle qu’il apprécie énormément.

« J’aime beaucoup ça, j’ai le bon rôle avec un peu moins de pression. Je suis le lien entre l’entraîneur-chef et les joueurs.

J’ai la possibilité et même le devoir d’être plus proche des joueurs. J’aime ça parce que je suis dans l’âge d’avoir cette proximité avec eux. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, j’étais joueur. »

Sa carrière professionnelle n’aura pas été très longue, mais elle lui aura suffi à emmagasiner une foule d’informations qui lui sont désormais utiles.

« C’est incroyable ce que mes années professionnelles m’ont enseigné dans la compréhension du jeu et dans l’aspect mental et tactique. »