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La jouissance perverse des exécutions publiques

La députée solidaire Catherine Dorion
Photo Simon Clark La députée solidaire Catherine Dorion

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J’observe depuis quelques jours le tsunami de commentaires injurieux déferler sur la députée de Québec solidaire, Catherine Dorion, et je ressens un profond malaise. Je ne peux m’empêcher d’y voir une version contemporaine de ce plaisir pervers que ressentent les foules pour les exécutions publiques.

Être en désaccord, critiquer la forme et/ou le fond d’un message en y apportant des arguments développés et réfléchis, c’est non seulement souhaitable, mais essentiel. C’est une vérité de La Palice que le débat enrichit notre pensée et nous permet ultimement de bâtir une société cohérente avec nos valeurs et priorités communes.

Textes qui font réfléchir; l’exception

Au cours des derniers jours, j’ai lu des textes bien écrits qui remettent en question les propos et le style de la députée de Taschereau.

Denise Bombardier, notamment, soulevait un questionnement intéressant sur le fait de confondre vulgarité et vulgarisation. Sur cette seule et unique proposition, on pourrait philosopher longtemps.

Mais dans le raz-de-marée de textes et de commentaires qui s’écrivent et se disent dans la foulée de ce que l’on pourrait maintenant appeler «l’affaire du troisième lien et de la coke», les propos éclairants et nourrissants sont malheureusement d’exceptionnelles exceptions.

Vengeance publique

«Épaisse, BS, conne, tête enflée, égo démesuré», les insultes dénigrantes pleuvent sur les réseaux sociaux.

J’ai l’impression d’assister à une exécution publique où une certaine foule prend un plaisir pervers à voir et à participer au lynchage d’une personne qu’elle considère comme un paria.

Un spectacle désolant d’enflure verbale où un commentaire dénigrant en alimente un autre comme s’il s’agissait d’une compétition pour trouver le propos le plus blessant.

Une méthode bien contemporaine de vengeance publique. Une mise à mort virtuelle de celui ou celle qui dérange et sort du cadre.

Si Catherine Dorion peut faire preuve de maladresse et de théâtralité dans l’expression de ses positions, elle ne fait toutefois pas preuve de lâcheté comme bon nombre de ses détracteurs. Des gérants d’estrade cachés, bien souvent, derrière la lâcheté d’un pseudonyme.

Juste pour cela, elle mérite notre respect.