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Rosemont–La-Petite-Patrie: un plan de sécurisation obligatoire pour les chantiers

Artères en chantier
Photo d'archives, Camille Dauphinais-Pelletier / Agence QMI

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Les entrepreneurs qui voudront obtenir un permis de construction ou des contrats dans l'arrondissement Rosemont–La-Petite-Patrie devront maintenir obligatoirement une voie de circulation sécurisée pour les piétons et les cyclistes.

Les élus ont adopté une résolution en ce sens au conseil d’arrondissement de novembre, qui sera mise en place dès le printemps 2019.

Un plan de sécurisation sera alors exigé par l’arrondissement pour assurer «le maintien d'une voie piétonne accessible universellement et d'une voie cyclable sécurisée [s'il y en a déjà une], tant pour les travaux planifiés par l'arrondissement que pour les travaux réalisés sur le domaine privé», a expliqué Judith Gratton Gervais, chargée de communication pour l’arrondissement.

L’octroi d’un contrat ou l’émission d’un permis sera donc conditionnel à la remise de ce plan. Rosemont–La-Petite-Patrie délivre environ 5000 permis d’entraves pour des chantiers par année.

L’arrondissement demandait déjà aux entrepreneurs d’installer des panneaux de signalisation et de sécuriser les trottoirs et les pistes cyclables lors de travaux, mais pas le maintien systématique d’une voie piétonne «accessible universellement» et d’une voie cyclable s’il y en avait déjà une. «Il arrive donc que les piétons et les cyclistes soient détournés sur le trottoir d'en face ou sur des rues avoisinantes», a indiqué Mme Gratton Gervais.

En plus de favoriser la sécurité des usagers les plus vulnérables de la route, l’arrondissement souhaite aussi améliorer les déplacements actifs, même lorsqu’il y a des chantiers.

Le fondateur de l’Association pour la mobilité active de Rosemont–La-Petite-Patrie, Pierre Rogué, a accueilli très favorablement cette nouvelle mesure. «Des résidents ont dénoncé des situations inacceptables. Des gens ne pouvaient tout simplement pas passer à pied ou à vélo [à proximité de chantiers]. Que les résidents puissent rentrer chez eux quand il y a des travaux, c’est la moindre des choses.»

Ville-centre

La Ville-centre devrait prendre exemple sur Rosemont–La-Petit-Patrie et exiger ce genre de plan, selon M. Rogué.

«Pour les travaux de la Direction des infrastructures à la Ville de Montréal, une équipe d’ingénieurs spécialisés en maintien de la circulation s’assure de mettre en place des stratégies et des mesures de mitigation sécuritaires pour réduire les nuisances engendrées par les travaux [...]», a spécifié la relationniste pour la Ville de Montréal, Marilyne Laroche Corbeil.

Selon cette dernière, cette équipe s’assure aussi que l’entrepreneur respecte les exigences du chantier. L’entrepreneur est d’ailleurs responsable de gérer la circulation piétonnière «par des aménagements de sécurisation des couloirs piétonniers» près du chantier et en suivant les indications de la Ville, comme le maintien de l’accès aux personnes à mobilité réduite.

Des cheminements piétonniers montrés sur des panneaux de signalisation doivent par exemple être prévus, et les voies cyclables doivent aussi être maintenues en règle générale, selon Mme Laroche Corbeil.

Pierre Rogué aimerait par ailleurs que l’administration mette en place rapidement un plan d’urgence de sécurisation des artères dans Rosemont–La-Petite-Patrie, l’un des arrondissements avec le plus haut taux de morts piétons et cyclistes dans les dernières années.

Entre 2006 et 2015, 17 piétons et huit cyclistes sont décédés dans l’arrondissement, selon des chiffres de la Direction de la santé publique de Montréal et de l’Institut de recherche en santé publique de l'Université de Montréal.