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La résistance franco-ontarienne s’organise

Doug Ford
Photo Agence QMI, Dominic Chan Doug Ford

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OTTAWA – Quelque 70 juristes examinent les options légales et des dizaines de manifestations sont prévues alors que la résistance franco-ontarienne fourbit ses armes pour forcer la main du gouvernement ontarien de Doug Ford.

«Nous ne reculerons pas, a insisté Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO). Il n'est pas trop tard pour la province de renverser la vapeur. Il n'est pas trop tard pour écouter la population franco-ontarienne.»

Depuis une semaine, la tempête fait rage au pays sur la question des langues officielles. Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a mis la hache dans le Commissariat aux services en français de l'Ontario et a abandonné le projet d'université francophone.

C’est «un manque de respect envers la francophonie pour des économies de bouts de chandelle», a déploré Peter Hominuk, directeur général de l'AFO.

La décision «a eu l'effet d'une bombe sur la communauté franco-ontarienne et même sur un grand nombre de francophones et autres Canadiens», a ajouté le président Carol Jolin.

L'AFO a tenu aujourd'hui une conférence de presse pour lancer le mouvement de «résistance».

Silence de Ford

M. Jolin tend la main au gouvernement ontarien. S'il espère un «dialogue ouvert» avec le premier ministre ontarien et sa ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, sa demande de rencontre avec Doug Ford est restée lettre morte.

M. Jolin n'exclut pas un recours aux tribunaux.

«Nous avons invité plus de 70 avocats à se réunir ce [jeudi] matin pour discuter [des possibilités d'actions juridiques]. Nous préférons ne pas avoir recours aux tribunaux pour faire respecter nos droits, mais nous ferons tout ce qu'il faut pour sauvegarder nos institutions», a continué le président de l'AFO.

De plus, l'AFO organise une journée de manifestation le 1er décembre. Des rassemblements sont prévus dans plus de 40 endroits en Ontario.

Quelque 12 000 personnes s'étaient déjà inscrites à «la résistance» ce matin et l'AFO avait reçu plus de 32 000 $ en appuis.

Francophonie canadienne

M. Jolin espère que le mouvement s'étendra à l'ensemble du pays.

«Ce n'est pas juste une question de francophonie ontarienne, c'est une question de francophonie nationale, a-t-il fait valoir. Ce genre d'attaque là, on en voit [...] aujourd'hui c'est l'Ontario, demain ça va être le Nouveau-Brunswick, après ça va être le Manitoba. Il faut qu'on soit solidaires dans ces démarches-là.»