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Grèves étudiantes et justice

Grèves étudiantes et justice
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***Cette chronique est le coup de cœur de la rédaction

 

Plus de 50 000 étudiants des cégeps et des universités du Québec sont en grève pour revendiquer la rémunération de leurs stages. Pour une semaine, on parlera de justice.

Le nouveau gouvernement semble s’intéresser au dossier. Il devra formuler des propositions concrètes, car les étudiants sont déterminés.

Mon assemblée sherbrookoise, comme d’autres ailleurs, a statué qu’une grève d’une semaine était pertinente pour mettre fin au travail gratuit des stagiaires.

Après trois heures de témoignages, le portrait de l’étudiant individualiste s’est définitivement brisé. 

J’ai rencontré des gens qui souhaitent faire un travail par vocation, pour aider les autres, et qui sont injustement entraînés dans une situation de précarité financière pendant leurs études. 

Des visages

Les grévistes sont de futurs travailleurs sociaux, des infirmières et d’autres professionnels du secteur public et communautaire qui n’obtiennent pas de rémunération pour des stages qu’ils sont obligés de faire. 

Lorsqu’ils sont sur le terrain, ils s’occupent de nos enfants en difficulté, de nos grands-parents et de nos proches en détresse, en utilisant leurs connaissances et, surtout, avec toute leur énergie.

Le cas de Julie (nom fictif) m’a touché. Elle est de retour aux études pour être travailleuse sociale. Elle accumule les heures de stage, prévues et supplémentaires, à la DPJ et assiste à des cours, tout en travaillant pour subvenir aux besoins de ses trois enfants. La pression financière et la surcharge mentale l’étouffent. Julie est maintenant en arrêt de travail. 

Les entreprises privées reçoivent des subventions pour engager des stagiaires. Au public, on préfère les habituer au sous-financement de nos institutions.

Une discussion nationale

Cette grève constitue une remise en question du financement déficient des organismes communautaires, du système de santé et de l’éducation.

Elle incarne la lutte pour l’équité hommes-femmes, puisque les milieux où les stages ne sont pas rémunérés sont majoritairement féminins.

En somme, il est juste de payer un service rendu à la société. 

Il est juste de se rassembler pour soutenir une cause qui dépasse notre condition individuelle. 

Il est juste de croire qu’on peut encore réchauffer les rues du Québec avec des êtres brûlants d’espoir.

 

Cette chronique a été rédigée en lien avec la semaine de Réjean Tremblay:

 

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