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L’histoire n’est pas le fort de Doug Ford

Il semble bien mal connaître celle de la francophonie

L’histoire n’est pas le fort de Doug Ford
Photo Agence QMI, Dominic Chan

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OTTAWA | Le premier ministre ontarien Doug Ford devrait dépoussiérer ses livres d’histoire, lui qui semble bien mal connaître celle de la francophonie, selon des historiens.

« De ramener [les Franco-Ontariens] au rang d’une communauté d’immigrants comme tous les autres [comme l’a fait Ford], c’est ne pas connaître son histoire », tranche l’historien Denis Angers.

Depuis une semaine, la tempête fait rage sur les langues officielles. Pour faire des économies, le gouvernement de Doug Ford a mis la hache dans le Commissariat aux services en français de l’Ontario et a abandonné le projet d’université francophone.

Ford a ensuite répondu à des citoyens qu’il y avait d’autres minorités, comme celles d’origine chinoise et italienne, mais que la province ne pouvait pas faire plaisir à tout le monde, a rapporté le Ottawa Citizen.

« Ça, c’est de l’ignorance qu’on voit souvent chez plusieurs personnes dans le reste du Canada », déplore Serge Miville, professeur adjoint et titulaire de la Chaire de recherche en histoire de l’Ontario français à l’université Laurentienne.

« On compare des pommes avec des poires, renchérit M. Angers. La communauté franco-ontarienne, ce sont les descendants directs de ceux qui ont découvert l’Ontario. »

Fondateurs de la province, ils sont là depuis 400 ans. Ils ont su, « contrairement aux communautés chinoise ou italienne, garder [leur] spécificité », dit-il.

Identité perdue

« Le Canada, si on enlève les francophones, perd pas mal son identité. Le Canada sans le bilinguisme, le biculturalisme, l’espèce de coexistence pacifique de deux grands peuples, ce sont les États-Unis. »

Pendant ce temps, la résistance franco-ontarienne fourbit ses armes pour forcer la main de Ford. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a donné le ton jeudi. Quelque 70 juristes se sont réunis pour étudier les options légales et des manifestations sont prévues.

« Nous ne reculerons pas », a insisté le président de l’AFO, Carol Jolin.

-Avec la collaboration de Sarah Bélisle