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Les francophones de l’Ontario ne décolèrent pas

Une proposition présentée vendredi soir par le premier ministre est jugée insuffisante

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.
Photo Agence QMI, Dominic Chan Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford.

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Le premier ministre Doug Ford a tenté de calmer le jeu vendredi soir face à la colère des Franco-Ontariens. Mais sa proposition pour résoudre la crise linguistique a été catégoriquement rejetée par les francophones, qui promettent de manifester en bloc le 1er décembre.

Dans un communiqué de presse diffusé après 17 h vendredi, le chef conservateur rétablit le ministère des Affaires francophones aboli en juin.

Il s’engage à modifier le projet de loi qui supprime le Commissariat aux services en français, pour qu’une personne placée sous l’autorité de l’Ombudsman provincial traite les plaintes des 620 000 francophones.

M. Ford, qui avait annoncé ces mesures la semaine dernière, ne bouge cependant pas d’un poil dans le dossier de l’Université de l’Ontario français : celle-ci ne verra pas le jour, dit-il.

La communauté franco-ontarienne, qui se mobilise en vue de contester par tous les moyens les décisions du gouvernement Ford, n’a pas caché sa déception face à l’annonce. Les dénonciations ont été quasi unanimes vendredi soir.

« On demande le statu quo, ni plus ni moins, pour que le commissaire soit complètement indépendant et poursuive son travail », a insisté le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin.

40 manifestations

« Nous prévoyons maintenir nos 40 manifestations partout en Ontario le 1er décembre », a-t-il ajouté, remerciant du même coup les citoyens qui, de partout au pays, ont contribué financièrement au mouvement de contestation.

« Continuez de nous appuyer », a dit M. Jolin.

La nouvelle ne satisfait pas non plus la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly.

« Clairement, il va falloir continuer à mettre de la pression », a-t-elle déclaré en point de presse après avoir discuté avec la ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney.

« Il y a beaucoup de questions qui ne sont pas répondues en ce moment », a dit Mme Joly.

La discussion a duré à peine une quinzaine de minutes. Les deux ministres sont demeurées campées sur leurs positions respectives.

« Aucun sens »

Pour le politologue Martin Normand, les nouvelles propositions du gouvernement Ford ne font aucun sens. Les modifications au Commissariat ne se traduiront pas par des économies.

« Un nouveau ministère sans ressources supplémentaires, ça ne donne pas grand-chose », ajoute-t-il.

M. Ford a aussi promis d’embaucher un conseiller politique pour l’aider avec les dossiers francophones.

« Il y avait une conseillère sous son prédécesseur, il l’a congédiée », dit M. Normand.

 

Réactions mitigées

« Nous sommes stupéfaits par la proposition élaborée, prise sans consultation avec les Franco-Ontariens. L’indépendance du Commissariat aux services en français ne serait aucunement rétablie. » – Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin

« La situation financière de notre province ne permet pas la création d’une nouvelle université autonome de langue française à l’heure actuelle, [mais] je vais continuer d’appuyer des modèles d’enseignement qui répondent aux besoins des francophones. » – La ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney

« Il s’agit de mesures qui visent à apaiser la grogne. Nous allons devoir veiller au grain, et travailler de très près avec la communauté pour assurer de protéger les acquis. » – La ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly