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Des marchands soulagés par la fin de la grève des postes

Des commerçants de jouets craignaient de rater leur saison des Fêtes avec ce conflit

Les grèves tournantes effectuées par les employés de Postes Canada n’ont pas affecté la boutique de jouets Chat Perché que gère André Nadeau (photo), mais elles ont poussé les gens à y faire leurs achats de Noël plus tôt qu’à l’accoutumée.
Photo Agence QMI, Joël Lemay Les grèves tournantes effectuées par les employés de Postes Canada n’ont pas affecté la boutique de jouets Chat Perché que gère André Nadeau (photo), mais elles ont poussé les gens à y faire leurs achats de Noël plus tôt qu’à l’accoutumée.

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La loi spéciale qui oblige les employés des Postes à cesser leurs grèves tournantes arrive à point pour plusieurs marchands de jouets qui craignaient de perdre des commandes à l’approche de Noël.

Adoptée par les parlementaires dans la nuit de vendredi à samedi, la loi spéciale a été étudiée pendant sept heures par le Sénat, qui continuera son examen lundi.

Une fois que les sénateurs auront donné leur accord au projet de loi, il entrera en vigueur après avoir reçu la sanction royale.

Pas le choix

La ministre fédérale du Travail, Patricia Hadju, avait expliqué ne pas avoir le choix de recourir à cette solution, alors que les employés de Postes Canada, qui mènent des grèves tournantes depuis un peu plus d’un mois, ne parviennent toujours pas à s’accorder avec la partie patronale sur les points en litige.

« Honnêtement, c’est plate pour eux [les employés des postes], mais pour nous c’est assez plaisant, sachant qu’on était déjà affecté au niveau des ventes web », explique Dominique Lajeunesse, propriétaire du magasin de jouets Planète Jeux à Montréal.

Pression du web

Le commerçant précise avoir subi une baisse des ventes en ligne d’environ 30 % lors des dernières semaines par rapport à la même période l’an dernier, baisse qu’il attribue aux grèves tournantes qui ont frappé les postes.

« Sur le site, on constatait beaucoup de “paniers abandonnés”, commente M. Lajeunesse. Ça veut dire que le monde renonçait à faire des achats en ligne, vu qu’on livrait avec Postes Canada. »

Depuis que le gouvernement a décidé jeudi de recourir à la loi spéciale, M. Lajeunesse a vu ses ventes en ligne revenir à un niveau normal.

« Nos ventes du Black Friday sont semblables à celles de l’an passé, indique-t-il. Maintenant, on va garder un œil là-dessus. Est-ce que le syndicat [des postes] va trouver de nouveaux moyens de pression ? Je ne le sais pas. »

Contrairement à M. Lajeunesse, André Nadeau, gérant de la boutique de jouets Chat Perché, n’a pas été affecté par les grèves des postes, puisqu’il fait appel à des transporteurs privés qui lui garantissent de meilleurs prix.

« Ça n’a pas vraiment eu d’impact pour nous, si ce n’est que les gens s’y sont pris beaucoup plus tôt. On a déjà battu les records de vente en ligne de l’an dernier, et j’ai une augmentation de trafic dans le magasin », se réjouit-il.

Peur des achats en ligne

De son côté, le propriétaire des boutiques O’jeux, Dany Cayouette, qui fait lui aussi appel à des transporteurs privés, se méfie de cet effet d’anticipation dont il a également bénéficié.

« Moi, j’ai l’impression que les gens vont être plus craintifs d’acheter en ligne dans les prochaines semaines et qu’ils ne voudront pas prendre de chances à l’approche de Noël. »