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Les étudiants ont raison

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Oui, je sais, vous vous êtes sûrement étouffés dans votre sangria en lisant le titre de cette chronique.

Mais que voulez-vous : les causes se suivent et ne se ressemblent pas.

« CHEAP LABOR »

Je ne tente pas de me « racheter » auprès des jeunes. Je ne regrette pas un mot que j’ai écrit au printemps 2012 et je réécrirais exactement la même chose aujourd’hui.

Même si le fameux tweet que j’ai envoyé sur la sangria et « la belle vie » a fait de moi l’ennemi public numéro 1 de la gauche québécoise (titre non officiel qui, si j’en crois ce qu’on me dit, est maintenant détenu par « le millionnaire » François Lambert).

Mais le mouvement actuel n’a rien à voir avec la crise de 2012, qui partait dans tous les sens — comme la fameuse pancarte « FUCK TOUTTE », tenue à bout de bras par un carré rouge masqué, le démontrait.

Je crois que les étudiants ont tout à fait raison d’exiger d’être payés lorsqu’ils effectuent des stages.

Oh, pas tous les stages !

Pas les stages d’observation, par exemple, où les étudiants se contentent de regarder de « vrais professionnels » travailler.

Mais il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Plusieurs employeurs profitent des stages pour se procurer gratuitement de la main-d’œuvre docile.

Comme ma fille m’a dit : « Il y a des jeunes qui quittent leur région pour aller étudier à Québec ou à Montréal. Certains ont des bourses, d’autres non.

Ils consacrent 40 ou 50 heures par semaine à leur stage. Ils n’ont pas le temps de travailler en plus dans un resto ou dans une boutique pour gagner de l’argent. Comment veux-tu qu’ils vivent, pendant ce temps ? Qu’ils paient leur loyer ou leur bouffe ? Ils n’ont pas tous des parents fortunés pour les aider... »

UN JOYEUX FOUILLIS

Il ne s’agit pas bien sûr de payer les stagiaires comme s’ils étaient des professionnels. Sinon, pourquoi des employeurs auraient recours à des étudiants sans expérience, si c’est pour les payer le plein prix ?

Une partie du « salaire » des stagiaires est, justement, la possibilité de parfaire leur éducation, de « mettre le pied dans la porte », de se confronter à la réalité et d’acquérir une certaine expérience professionnelle.

Mais on pourrait les payer au salaire minimum. Ou leur donner un montant X pour la durée de leur stage.

Une chose est sûre : le temps est arrivé de faire le ménage dans ce dossier. Car actuellement, ça semble être un joyeux fouillis qui n’obéit à aucune règle claire.

Heureusement, les étudiants ont l’oreille du ministre de l’Éducation. Même si peu d’entre eux ont voté CAQ (les jeunes semblent plus portés vers Québec solidaire), ils ne peuvent rêver d’un meilleur interlocuteur que Jean-François Roberge.

L’homme n’est pas seulement brillant. Il a l’éducation — et le sort des étudiants et des professeurs — à cœur.

Monsieur Roberge affirme d’ailleurs que les « grévistes étudiants » (si tant est qu’on puisse être gréviste ET étudiant) enfoncent une porte ouverte.

Il voulait, justement, s’attaquer à cette question...

C’EST MA TOURNÉE

Si le dossier se règle, j’offre de la sangria à tout le monde !