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Une ruelle colorée

Une ruelle colorée
Photo Jacques Lanctôt

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Je vous ai parlé, il y a quelques semaines, de Fusterlandia, ce centre d’art à ciel ouvert, situé à l’ouest de La Havane. En voici un autre, au cœur de La Havane cette fois-ci, dans le quartier Cayo Hueso du Centro Habana : el Callejon (ruelle) de Hamel, œuvre du peintre muraliste et sculpteur Salvador Gonzalez Escalona.

Pourquoi ce nom de Hamel à consonance française ? Il vient d’un voyageur d’origine franco-allemande, Fernand Belleau Hamel, qui, au début du XXe siècle, a acheté ce petit bout de rue, trois cents mètres à peine, pour y installer un commerce de matières premières et une fonderie. Petit à petit, les gens sont venus s’installer à proximité pour y travailler.

C’est par pur hasard qu’est né, en 1990, ce projet digne des extravagances d’un Salvador Dali, alors que des gens du quartier ont demandé à l’artiste Salvador Gonzalez d’égayer quelque peu leurs demeures en leur donnant une nouvelle apparence, en s’inspirant surtout des religions africaines, bien inscrites dans la culture cubaine. Ce projet s’est petit à petit transformé en musée à ciel ouvert. Même les citernes sur les toits ont été mises à contribution et l’esprit des orishas, ces demi-dieux de la santeria afro-cubaine, est présent partout.

Ici, des baignoires repeintes qui servent de bancs publics, là, des crânes de boucs, une grosse mouche en métal, sorte d’oracle située à l’entrée, des mannequins haut perchés, des murales aux allures psychédéliques, un herboriste et ses herbes médicinales, un petit café-terrasse où se reposer à l’ombre, un buste du poète José Marti, etc. Du coup, on se croirait ailleurs, loin de la Vieille Havane en train de se refaire une beauté en prévision des célébrations du 500e anniversaire de la fondation de San Cristobal de La Habana.

Rumba

Il y a aussi l’atelier de l’artiste, véritable caverne d’Ali Baba où est exposée une partie de sa production artistique récente. Salvador Gonzalez Escalona, qui a d’abord effectué des études en anthropologie et ethnologie avant de se consacrer à son art, a exposé dans de nombreuses galeries à l’extérieur de Cuba et ses œuvres sont très prisées. Il se défend bien de faire du prosélytisme religieux. Il veut plutôt refléter une partie de la culture cubaine.

Le Callejon de Hamel constitue le premier complexe de murales et de sculptures inspirées des différentes manifestations religieuses propres à Cuba. Ce site, reconnu par le ministère de la Culture, figure désormais dans les guides touristiques.

Si vous aimez l’agitation urbaine, il faut y aller le dimanche. À partir de midi, c’est la grande déferlante. Des danseurs et danseuses vous ensorcelleront littéralement et vous entraîneront à leur suite sur des rythmes irrésistibles de rumba et au son des tambours.