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Fermeture de l’usine de GM à Oshawa: les syndicats demandent au fédéral et à la province d’agir

Fermeture de l’usine de GM à Oshawa: les syndicats demandent au fédéral et à la province d’agir
Photo AFP

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Unifor et le Syndicat des Métallos ont demandé lundi au fédéral et au gouvernement ontarien d’intervenir pour empêcher la fermeture de l’usine de GM à Oshawa, une décision jugée inacceptable.

Jerry Dias, le président national d’Unifor, a précisé qu'il allait rencontrer le premier ministre Justin Trudeau dans les prochains jours. «Nous allons dire au gouvernement que nous devons utiliser tous les moyens, tous les outils, toute la puissance du gouvernement pour faire en sorte que General Motors comprenne qu'ils ne vont pas trahir une nouvelle fois ce pays», a-t-il affirmé en conférence de presse.

Le président national des Métallos Ken Neumann abondait dans le même sens.

«Tout dans cette décision sans cœur est inacceptable. Cela requiert une réponse vigoureuse du fédéral et de la province pour appuyer ces familles et pour renforcer le secteur manufacturier qui est si crucial pour notre économie», a-t-il dit par communiqué.

Le syndicat Unifor estime qu’un changement de cap par GM est toujours possible, même si aucun assemblage de véhicule n’est prévu après décembre 2019 à Oshawa.

«Unifor n’accepte pas que la fermeture soit une conclusion inévitable. Oshawa a déjà été dans cette position auparavant avec aucun véhicule à l’horizon et nous avons réussi à faire valoir notre position afin de poursuivre les opérations. Nous allons vigoureusement combattre pour maintenir ces emplois automobiles bien rémunérés», a précisé Jerry Dias.

Il a souligné que l’usine d’Oshawa avait eu droit à des investissements de 500 millions $ afin d’être la seule en Amérique du Nord à pouvoir assembler à la fois des camions et des voitures.

L’État a perdu environ 2,8 milliards $ en prêts attribués à GM au Canada en 2009, qui n’ont jamais été remboursés.

GM emploie environ 2500 syndiqués à Oshawa et environ 23 000 personnes au pays.

Nouvelle dévastatrice

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé sa «profonde déception», lundi.

«Depuis des générations, les travailleurs de GM sont le cœur & l’âme d’Oshawa, a écrit M. Trudeau sur Twitter. Nous ferons tout en notre pouvoir pour aider les familles visées à se remettre sur pied. Hier [dimanche], j’ai parlé à Mary Barra de GM pour lui exprimer ma profonde déception à l’égard de la fermeture de l’usine.»

M. Trudeau dit avoir discuté son homologue ontarien Doug Ford de ces pertes d’emplois, mais ils ne semblent pas prêts à agir pour forcer GM à revenir sur sa décision.

Par communiqué, les deux hommes ont seulement «convenu de déterminer ensemble les mesures que pourraient prendre le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial pour appuyer les travailleurs et leurs familles» et ils «ont aussi discuté de la façon de collaborer avec les syndicats pour aider les travailleurs touchés par cette décision».

À Ottawa, les partis d'opposition ont talonné le gouvernement Trudeau sur les mesures qu'il compte prendre. «Le premier ministre a exprimé sa déception, mais quelles actions concrètes prévoit-il prendre pour ces travailleurs et leurs familles», a notamment questionné le député néo-démocrate Guy Caron.

De son côté, le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, a dénoncé cette fermeture.

«La nouvelle d’aujourd’hui [lundi] est dévastatrice pour des milliers de familles du sud de l’Ontario qui dépendent depuis des décennies de l’usine de montage de General Motors à Oshawa pour gagner leur vie. Cette fermeture est la fin d’une longue et fière tradition à Oshawa, qui a accueilli GM pendant plus de 100 ans», a affirmé le leader conservateur par communiqué.

M. Scheer a aussi indiqué qu'il se rendait à Oshawa lundi soir pour rencontrer le maire John Henry. «Les conservateurs ne sont pas prêts à baisser les bras», a-t-il écrit sur Twitter.

Un débat d'urgence doit se tenir lundi soir aux Communes pour discuter des conséquences de la fermeture de l'usine et des façons d'aider les travailleurs.

- Avec l’AFP