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Harcèlement psychologique : hausse du nombre d’enquêtes à la Ville de Montréal

Hôtel de ville de Montréal
Photo d'archives

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Le nombre d’enquêtes pour harcèlement psychologique a bondi de 10 % dans la dernière année à la Ville de Montréal, qui souhaite que ses employés dénoncent ce genre de situation.

En 2018, 165 enquêtes externes et internes pour harcèlement psychologique ont été menées, soit 15 de plus qu’en 2017.

Les enquêtes, qui comptent aussi celles liées à l’incivilité et au climat de travail, sont passées de 25 à 99 à l'interne, et à l’externe de 125 à 66. Cette diminution s’explique par l’ajout en 2018 de deux enquêteurs internes à la Ville, qui en compte maintenant trois.

Pour Montréal, cette augmentation est « le résultat des efforts soutenus de la Ville visant à faire connaître et appliquer sa Politique interne du respect de la personne », a indiqué le relationniste Gonzalo Nunez.

Une tournée d’information a par exemple été réalisée auprès des employés pour leur expliquer le processus et les recours lors de cas de harcèlement, et les informer quant aux droits et obligations en matière de climat de travail, ce qui a eu comme effet de hausser le nombre de plaintes et d’enquêtes.

Des activités de formation ont aussi été organisées dans la dernière année auxquelles 1500 personnes ont participé, a précisé la Ville.

Cette augmentation des plaintes et des enquêtes n’étonne pas Louise Charette, fondatrice de Multi Aspects Groupe Inc., une firme de formation et de consultation qui œuvre dans le domaine des ressources humaines et du développement organisationnel.

Il y a une douzaine d’années, son entreprise avait mis en place une formation sur la prévention de la violence en milieu de travail auprès d’une organisation, et au bout de trois à six mois, le nombre de plaintes avait augmenté.

« C’est normal qu’il y ait un bon important de plaintes quand il y a des campagnes de sensibilisation. Éventuellement, ça va se restabiliser, et ça va aussi ramener dans l’organisation la règle que ce n’est pas acceptable et le climat devrait s’améliorer », a soutenu la présidente de la Société québécoise de psychologie du travail et des organisations, qui souhaite parler en son nom personnel.

Culture du respect

« Cette augmentation est aussi le reflet de ce qui se passe dans la société de manière générale, à savoir que les gens sont beaucoup plus sensibles à la culture du respect en milieu de travail, à l'égalité des sexes et aux recours disponibles pour dénoncer le harcèlement », a soutenu Gonzalo Nunez.

Selon ses observations, Louise Charette note une progression de la sensibilisation face à cet enjeu depuis une quinzaine d’années. « Je pense que c’est moins tabou que ce que c’était, de façon générale, les gens savent un peu plus que les processus sont fiables, et ont moins peur de sortir de l’ombre et de dénoncer des choses. »

La Ville, qui offre aussi un service de médiation, estime qu’il est « sain et même souhaitable » que ses employés dénoncent les situations de harcèlement auxquelles ils peuvent être confrontés.