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Le syndrome de la limousine

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C’est une maladie québécoise. Elle ressurgit à chaque élection et inquiète les politiciens. Certains sont traumatisés que les médias conjuguent limousine à leur nom alors qu’en privé ils rêvent de devenir ministre.

Manon Massé espérait une limousine si QS (comme le PQ d’ailleurs) était reconnu officiellement par l’Assemblée nationale. C’est fait. Manon Massé aura donc voiture de fonction et garde du corps, qui viennent avec son poste de chef parlementaire.

Or, une partie des citoyens réprouve l’idée que des élus du peuple roulent en limousine, en l’occurrence des minifourgonnettes Toyota Sienna d’allure prolétarienne et assez inconfortables d’ailleurs.

Élitiste

Les politiciens ont souvent été l’objet de critiques de la part des militants de toutes les gauches à bicyclette, qui associent limousine et garde du corps à la quincaillerie capitalo-élitiste.

Des combattants de QS de même que d’autres se réclamant du « peuple » semblent croire que les élus devraient à la limite travailler au salaire minimum et que les ministres comme les chefs parlementaires incarnant le peuple devraient voyager dans les transports en commun. Selon le principe québécois, qui peut se résumer ainsi : « Tout le monde est égal ».

Manon Massé qui, publiquement, par vertu écologique, demande une voiture hybride (toutes sont hybrides) aura sa « limousine propre » et son garde du corps. Il n’y a rien d’illégitime et d’immoral à cela. Mais elle devra calmer ses partisans virulents qui dénoncent sans nuance et sans retenue les « profiteurs » de ce système. Pourquoi les élites politiques à gauche comme à droite devraient-elles être condamnées à faire du pouce et à manger des pogos pour défendre les plus démunis ? La « limousine » n’est pas un instrument d’oppression du peuple, mais un outil pour des politiciens qu’on doit protéger et qui travaillent 50 heures par semaine.