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«Mea culpa, mais...»

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Le titre n’est pas de moi. Il est de Lise Ravary, dans sa chronique du 21 octobre dernier, qui s’est excusée auprès des lecteurs, mais aussi des organisateurs de la manifestation antiracisme tenue le 11 octobre. Elle s’est dite «bernée» par une photo de la manifestation, clamant que le drapeau de l’État islamique y était alors qu’il n’en était rien.

Moi aussi, «un petit nuage orageux s’est immobilisé au-dessus de ma tête» comme elle l’a si bien écrit, après que j’aie qualifié de «commentateux» Richard Martineau, Joseph Facal et elle-même dans une publication récente sur les réseaux sociaux.

Cette publication portait sur la volonté de Justin Trudeau de «défendre les francophones», suite à la décision du gouvernement Ford d’abolir le poste de commissaire aux services en français en Ontario et d’abandonner le projet d’université francophone dans cette même province.

Voilà donc pourquoi moi aussi, aujourd’hui, je dois m’excuser. Si l’utilisation du  terme «commentateux» a pu offusquer des personnes, je m’en excuse.

Rien sur le fond, tout sur la forme

En fait, j’ai commis une erreur de débutant sur les réseaux sociaux : réagir sur le coup de l’émotion et ne pas se relire.

J’étais en colère après avoir lu des chroniques récentes qui méprisent Québec solidaire et ses élu-e-s. Des chroniques qui ne portaient pas tant que ça sur les positions de Québec solidaire, mais qui s’appuyaient sur des titres mensongers laissant croire que son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, s’était mis à genoux devant le fédéral en s’opposant à la diminution des seuils d’immigrations souhaitée par le gouvernement caquiste.

En colère contre des chroniques qui ridiculisaient la députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, qui n’a pas la langue dans sa poche et qui dérange l’élite bien-pensante, sans même dire un mot (ou presque) contre ses arguments au sujet du 3e lien autoroutier à Québec.

Rien sur le fond, mais tout sur la forme. C’est bien plus facile de tirer sur le messager que de s’attaquer au message.

Je suis un partisan Solidaire critique

Comme Lise Ravary, j’ai mangé «toute une raclée sur Twitter et sur Facebook», mais moi par les défenseurs des chroniqueurs offusqués et tous ceux qui aiment détester Québec solidaire. Je ne m’en plains pas. Depuis que je participe au blogue des Spin doctors je m’y suis habitué. Et je m’y attendais également.

Je pense qu’on m’a embauché justement parce que j’ai déjà milité pour ce parti (j’ai même fait partie du méchant «Politburo» de 2006 à... 2011 si ma mémoire est bonne), en plus de travailler par la suite à l’Assemblée nationale pendant trois ans avec les député-e-s Khadir, David et Massé.

Certaines personnes ne semblent toutefois pas saisir que je contribue à ce blogue parce que je suis un partisan de Québec solidaire. C’est mon rôle de «spinner» en ce sens.

Aujourd’hui, je ne milite plus dans ce parti. Par choix personnel et par manque de temps.

Ça m’arrive même de critiquer QS, comme tout dernièrement quand j’ai soulevé la déficience de sa stratégie de communication. Comme avant d’être blogueur quand j’ai remis en question la stratégie de la direction au moment de la fusion avec Option nationale.

Une invitation à débattre respectueusement

Je ne connais pas Richard Martineau, Joseph Facal et Lise Ravary. Alors, je n’ai rien à ajouter à leur sujet.

J’ai rencontré quelques fois Michel Hébert à l’Assemblée nationale et j’ai même eu le plaisir de jaser avec lui une fois à la cafétéria de la «maison du peuple». Mais sans plus.

Dans un échange sur Twitter, alors qu’il m’invitait à quitter le blogue pour aller militer, je l’ai invité à mon tour à prendre sa retraite. J’aurais dû écouter ma blonde qui ne trouvait pas cette formule très élégante et qui ne sert en rien les échanges polémiques.

Mais encore aurait-il fallu qu’il y ait eu de telles échanges. De toute façon, ça n’enlève rien au fait que c’était inapproprié.

Mea culpa donc et j’en profite pour lancer aujourd’hui une invitation à toutes et à tous afin de débattre respectueusement des idées et des enjeux qui font l’actualité politique. Je m’engage à agir ainsi et espère que nous saurons ensemble relever le débat public.

Si le terme «commentateux» n’a pas sa place dans ce genre de débat, des titres comme «Québec suppositoire», «Le nouveau parti rhinocéros» ou «Québec suicidaire», en parlant de Québec solidaire, n’ont pas leur place non plus, si on souhaite cesser d’alimenter le cynisme de la population à l’égard de la politique.

En utilisant ces étiquettes, leurs auteurs manquent de respect, selon moi, aux 20 000 membres de QS et à tous les électeurs et toutes les électrices qui ont voté pour ce parti.