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Un projet de permis en ligne trois fois plus cher que prévu

La Ville de Montréal revoit à la hausse les coûts de cette plateforme informatique

Terrasses accessibles
Photo d’archives, 24 Heures Les commerçants pourront bientôt faire des demandes de permis de terrasse en ligne au lieu de devoir se déplacer.

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Le portail qui permettra aux Montréalais de faire leurs demandes de permis en ligne coûtera trois fois plus cher que prévu, estime la Ville.

Dans son programme triennal d’immobilisations (PTI), qui doit être adopté après-demain, les coûts anticipés de ce projet informatique sont passés de 3,8 M$ à 10,9 M$, a constaté notre Bureau d’enquête.

Il s’agit donc d’une augmentation de 187 % des coûts anticipés l’an dernier. Et le montant de 10,9 M$ pourrait encore grimper, la Ville prévoyant des contingences (imprévus) pouvant aller jusqu’à 40 % du budget prévu pour ce projet.

Selon la Ville, l’estimation de coût faite l’an dernier était « basée sur un inventaire incomplet des services » à installer. Ce fameux portail doit permettre aux citoyens d’obtenir à partir de chez eux un permis de construction, par exemple. Les commerçants pourront également obtenir le droit d’aménager une terrasse en passant par cette plateforme.

Actuellement, pour déposer une demande de permis, il faut se présenter du lundi au vendredi à un bureau d’arrondissement avec les documents requis déjà en main. Pour récupérer le document, il faut retourner au bureau d’arrondissement, ou attendre plusieurs jours qu’il soit envoyé par la poste.

Le portail pour demander des permis en ligne avait été promis l’an dernier en campagne électorale par la mairesse de Mont­réal, Valérie Plante. Il devait être lancé dans la première année du mandat de la nouvelle mairesse, un objectif qui n’a pas été atteint.

« J’aurais voulu que ce soit plus rapide. On a eu des problèmes techniques, c’est une question de logiciel. Cette promesse va bientôt se réaliser, mais j’aurais aimé ça qu’elle soit prête », a déclaré Mme Plante le jour du premier anniversaire de son administration, au début novembre.

Déjà envisagé par l’administration de l’ex-maire Denis Coderre, le projet de plateforme en ligne pour les demandes de permis est sans cesse repoussé.

Cadence accélérée

En octobre 2017, le responsable du dossier sous la gouverne du maire Denis Coderre, Harout Chitilian s’était moqué de la promesse de Valérie Plante, indiquant que l’octroi de permis en ligne était « imminent ». Il assurait que cela se ferait « en 2018 ».

Or, un an plus tard, non seulement le service n’est-il pas offert, mais les investissements pour le mettre en place ont ralenti. Des 940 000 $ qui devaient y être investis en 2018, seulement 543 000 $ le seront.

Une porte-parole du cabinet de la mairesse, Laurence Houde-Roy, a assuré que la ville allait « accélérer la cadence en 2019 ». Selon elle, il sera possible de demander une douzaine de types de permis en ligne avant la fin 2019,

Il s’agira d’une première phase, car d’autres services doivent être ajoutés en 2020 et 2021.

La plus grosse part des investissements, soit 5,1 M$, doit être dépensée seulement en 2021, apprend-on dans le plus récent PTI de la Ville.

Situation ridicule

L’an dernier, en campagne électorale, l’actuel maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, avait qualifié la situation actuelle de « ridicule », surtout pour les commerçants qui renouvellent des permis chaque année, pour une terrasse par exemple.

Dans la dernière année, plusieurs villes québécoises d’importance, dont Longueuil, Gatineau et Laval, se sont dotées d’un service de demande de permis en ligne.