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Être minoritaire

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Depuis quelques jours, avec raison, on parle beaucoup des Franco-Ontariens, ciblés par une frappe orangiste du gouvernement ontarien, qui depuis un siècle n’a jamais manifesté une tendresse excessive à leur endroit.

Ontario

Devant le tollé provoqué par sa décision, Doug Ford a voulu donner l’impression qu’il reculait, sans le faire vraiment. Il frappera simplement les Franco-Ontariens en ajoutant un morceau de duvet à son marteau.

Le bon côté de tout cela, c’est de nous sensibiliser au sort des francophones hors Québec. Vivre en français au Canada anglais est un défi quotidien.

Dimanche soir, sur Twitter, Dany Turcotte a écrit : « Pour avoir visité la plupart des communautés franco-canadiennes, la chose marquante ? La fierté de toujours parler français !! » Il a absolument raison. Lundi, il ajoutait : « Quand tu vis dans une situation minoritaire et qu’à chaque jour, tu dois te battre pour conserver ta langue, oui c’est un exploit de parler français ! »

J’en conviens absolument. J’espère seulement que les Québécois ne seront pas condamnés à cet exploit. Car ce serait encore mieux si le fait de parler français n’était pas un exploit, mais allait de soi. Il y a quelque chose de triste d’avoir à toujours se battre pour des bouts de droits.

Gardons à l’esprit que le sort des francophones hors Québec annonce le nôtre si nous ne nous reprenons pas en main. Dans l’histoire du Canada, le français n’a fait que régresser et perdre du terrain. Cela continuera.

Qu’on le veuille ou non, en Amérique, c’est seulement au Québec que la bataille du français peut être gagnée. C’est une question de nombre.

Majoritaire

Être minoritaire, pour une nation, cela consiste à évoluer dans l’espace que la nation majoritaire lui concède.

Être majoritaire, cela consiste à assumer son destin en ayant le plein pouvoir sur soi. On appelle ça l’indépendance.

Je peine à comprendre comment on peut préférer le premier statut au second.