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Projet Royalmount: Des commerçants craignent les impacts négatifs

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Des commerçants s’inquiètent de l’impact que le centre commercial Royalmount aura sur le marché montréalais alors que le taux d’inoccupation des locaux commerciaux avoisine les 11 %.

C’est l’Association des Sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM) qui a sonné l’alarme, énonçant également que le projet allait à contre-courant des enjeux majeurs identifiés par la population, comme la congestion routière, les émissions de gaz à effet de serre et la surconsommation.

La Ville de Montréal estime de son côté qu’avec ses 200 boutiques, le Royalmount entraînerait des pertes commerciales de 0 à 15 %, soit un impact allant de «très faible» à «moyen», selon les divers secteurs commerciaux de la ville. Au centre-ville, c’est une érosion commerciale d’environ 6 % qui serait observée, a expliqué Dieudonné Ella Oyono, économiste pour la Ville, lors de la première séance de consultation publique à propos du projet mardi soir.

Ce sont les centres commerciaux à proximité de l’emplacement du Royalmount qui seraient plus durement touchés, soit le Centre Rockland, la Place Vertu, le Marché Central et le potentiel méga-centre Blue Bonnets. Le créneau des biens de mode écoperait davantage que les autres.

Le promoteur Carbonleo a fait valoir à plusieurs reprises au cours de la soirée qu’il souhaitait développer une «offre complémentaire» à celle qui existe, en misant sur des enseignes qui ne sont pas déjà sur l’île de Montréal, même au centre-ville, là où les boutiques de mode sont nombreuses.

La Ville estime que le Royalmount et le centre-ville rivaliseront pour s’accaparer la clientèle de Westmount et de sections de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâces, Ville-Marie et la Ville de Mont-Royal.

Trafic

L’augmentation du volume de véhicules qui circuleront dans l’échangeur Décarie a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières semaines.

L’impact exact du Royalmount sur la circulation reste flou, alors que plusieurs mesures de mitigation sont en train d’être étudiées par la compagnie et le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Selon un tableau présenté mardi soir par la Ville, les déplacements pourraient être rallongés d’un délai allant d’à peine une ou deux minutes jusqu’à 30 minutes, selon les hypothèses et les itinéraires choisis.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi mardi après-midi en exprimant son inquiétude. «Je sais que l’entreprise met les chiffres à la baisse, mais moi, ce que je retiens comme chiffre, c’est d’avoir jusqu’à 20 minutes supplémentaires dans le trafic. [...] La 40 est déjà à pleine capacité, a-t-elle dit. Il va falloir que le MTQ et l’entreprise, mais surtout le MTQ, trouvent des mesures de mitigation.»

Le pouvoir de la Ville dans ce dossier est «très limité», a convenu la mairesse, puisque l’autoroute 40 relève du MTQ et que le Royalmount s’installera sur des terrains appartenant à la Ville de Mont-Royal.

Précisions sur le projet

La présentation de mardi a permis d’avoir des détails supplémentaires concernant le projet Royalmount, estimé à 2 milliards $, qui ouvrirait en 2022.

S’il est réalisé tel que prévu actuellement, le centre deviendrait le huitième site le plus dense au Canada et aux États-Unis. En plus des magasins, il contiendrait deux salles de spectacles, une centaine de restaurants, cinq ou six hôtels, des espaces de bureau, un parc aquatique et une place publique. Des espaces résidentiels pourraient s’ajouter dans une deuxième phase.

Une passerelle pour les piétons et cyclistes couverte et climatisée reliera la station de métro De la Savane au Royalmount, qui sera aussi relié à l’aéroport et au futur Réseau express métropolitain (REM) par navette.