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Mémoire de paille

Mémoire de paille
Photo courtoisie

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Je ne suis pas quelqu’un de très nostalgique dans la vie. Oui, j’aime bien écouter ciné-cadeau et jouer une partie de Super Mario world à l’occasion, mais je ne suis pas le genre de gars qui vit dans le passé. Je ne fais pas partie de la tranche de la population qui aime scander haut et fort à qui veut bien l’entendre que C’ÉTAIT DONC MIEUX AVANT!

«La bouffe était meilleure, la musique aussi, pis on disait pas poivre on disait POÉVRE!»

Ainsi soit-il mon cher, je ne suis pas contre un peu de nostalgie à l’occasion. Moi-même, je me souviens régulièrement de l’époque où je n’étais pas diabétique et où je pouvais manger un biscuit chocolat blanc et noix de macadam sans avoir peur de perdre quelques orteils.

Je ne crois pas que de vivre dans le passé soit la solution. Pour évoluer, il est important de regarder vers l’avant et non pas vers l’arrière. Évoluer, ne veut pas dire de faire une croix sur son passé, au contraire, c’est de se servir de celui-ci, des traces qu’il a laissées. Parfois pour éviter les pièges qui se trouvent sur notre chemin et souvent pour se rappeler d’où nous venons.

Cela ne semble pas être l’avis de tout le monde. Je pense entre autres au maire de Chambly qui, tout récemment, a décidé de raser la maison Boileau, un des rares vestiges encore debout en lien avec la rébellion des patriotes de 1837-38.

Oui, je sais, l’histoire des patriotes, comme toute autre partie de notre histoire d’ailleurs, est beaucoup trop vaste et large pour tenir dans une simple petite maison. J’utilise l’exemple de cette maison simplement pour illustrer un point.

Si ce genre d’endroit doit être conservé, c’est pour servir de point d’ancrage à notre mémoire collective. Même si vous vous rappelez sûrement des évènements importants de votre vie, naissance de vos enfants, mariage, etc. Il n’y a rien de tel que de ressortir des photos, des vidéos ou même une boite de souvenirs pour replonger dans l’évènement.

C’est la même chose pour notre mémoire collective. Si on commence à détruire, lentement, mais sûrement notre boite à souvenirs commune, nos souvenirs seront de plus en plus flous. Nous allons passer devant ce qui était la maison Boileau, en parlant de ce qui était là avant, et là se bâtira un nouvel immeuble. Une chaîne de restaurant, peut-être. Dans quelques mois, à la blague nous irons acheter un burger à la commande l’auto en se rappelant qu’avant, ici, il y avait la maison Boileau, vestige des patriotes, moment charnière de notre société.

Et tout comme le burger que l’on digère, nos souvenirs en feront de même. Pas besoin d’avoir inventé le bouton à quatre trous pour comprendre que pour savoir où l’on va, il faut se rappeler d’où on vient. Ce n’est certainement pas une succursale SAQ, un guichet de banque ou des condos tout neufs qui nous aideront à le faire.

Heureusement, alors que je terminais l’écriture de cette chronique, j’ai appris que la ville de Chambly procèdera a la construction d’une réplique de la maison Boileau. Y’a de l’espoir les amis, y’a de l’espoir!