/investigations/transports
Navigation

Déneigement: le maire d’Anjou fait encore cavalier seul

Louis Miranda
Photo d'archives Louis Miranda

Coup d'oeil sur cet article

Le maire d’Anjou, Louis Miranda, persiste et signe. Comme l’hiver dernier, il lancera une opération de chargement de neige même si la ville-centre n’en a pas donné la directive et le juge injustifié, a appris notre Bureau d’enquête.

«Je donnais la chance au coureur. On dit que ça va fondre, mais ça ne fond pas. On ne sait pas à quoi s’attendre de la météo d’en fin de semaine», expose M. Miranda.

Il déclenchera donc un chargement partiel vendredi, «là où c’est problématique» et «pour une question de mobilité». «Les personnes à mobilité réduite, on leur dit : “l’hiver préparez-vous, c’est six mois, vous allez être condamnés à rester chez vous”. La mobilité ce ne sont pas que des gens à bicyclette», lance-t-il.

En janvier, le maire angevin avait décrété un chargement de neige sans attendre la ville-centre. La météo avait fini par donner raison à M. Miranda.

Le redoux anticipé n’était pas venu et le froid des jours suivants avait créé de gros bancs de glace dans les rues. Le responsable du déneigement, Jean-François Parenteau, avait reconnu «une erreur» de ne pas avoir décrété un chargement.

Une dizaine de centimètres de neige est tombée à Montréal mardi. Toutefois la pluie et la température près de 0°C en ont fait fondre une partie.

M. Parenteau a envoyé mercredi après-midi une équipe constater l’état des rues à Anjou et trouve un chargement «injustifié», avec seulement quelques centimètres en bordure des rues. «L’an dernier, on a été bon joueur et on a assumé les coûts du déneigement. Cette fois on n’enverra pas les camions s’ils n’assument pas les frais», pèse-t-il.

C’est pour cette raison monétaire que M. Miranda procédera à un chargement partiel. «Je ne fonctionnerai pas sur des menaces si je juge que la sécurité de mes citoyens est en cause, tonne-t-il. On va le faire seulement avec nos propres camions. J’ai quatre dix roues qui seront là-dessus.»

Le chargement non-concerté de janvier à Anjou avait coûté près de 500 000$. Mais puisque le prix varie au mètre cube ramassé, il est difficile de prévoir à combien se chiffrera cette nouvelle opération.

Jean-François Parenteau déplore que M. Miranda veuille encore faire cavalier seul. «On a une politique qui a été votée par l’ensemble des arrondissements. Si elle n’est pas respectée, aussi bien ne pas en avoir», souligne-t-il.

La politique centralisée de déneigement a été adoptée sous l’administration du maire Denis Coderre, en 2015. Une décision que ne digère toujours pas au maire d’Anjou trois ans plus tard. «Ils auraient dû nous laisser nos budgets. Je n’ai jamais défoncé mes budgets de neige. Ils ont tout centralisé pour récupérer l’argent», allègue-t-il.