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L’audace à venir

L’audace à venir
Photo Simon Clark

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Selon Michel David, François Legault s’est révélé le nouveau Jean Charest avec son discours inaugural. Plusieurs, dont moi-même, doutaient avant les élections que l’avènement d’un gouvernement caquiste puisse constituer un véritable changement et anticipaient plutôt la poursuite des politiques publiques du PLQ. Il serait donc facile de faire mienne l’appréciation de Michel David, mais je ne crois pas être en mesure de statuer aussi rapidement en ne retenant que le discours inaugural farci de bonnes intentions et sans connaître la mise-à-jour économique et le menu législatif de la prochaine année.

Priorité à l’éducation, baisser le fardeau fiscal,  améliorer le système de santé, en finir avec les signes religieux, cesser les nominations partisanes, protéger l’environnement et créer la richesse sont toutes des intentions vertueuses difficilement contestables que le premier ministre a mises de l’avant. La véritable évaluation pourra s’effectuer à la lumière des moyens qu’il déploiera pour réaliser ses objectifs considérés par ses sympathisants comme ambitieux. Pourtant, les gouvernements libéraux des 15 dernières années nous ont servi plusieurs des ingrédients promis par monsieur Legault dans son discours sans que la population en ressente les améliorations promises.

Pour avoir été très près du milieu de l’éducation tout au long de ma vie professionnelle, je ne peux que me réjouir de l’importance que le premier ministre veut y accorder en la plaçant comme sa première priorité. Protéger les budgets de l’éducation est déjà un bon pas en avant, les hausser sera encore mieux pour se doter des ressources manquantes qui feront la différence dans le plein développement du potentiel de chaque enfant. Si le gouvernement caquiste s’évite les transformations de structure et la pensée magique pour se concentrer sur les moyens d’enseignements, nous pourrons nourrir l’espoir.

En ce qui a trait à la baisse du fardeau fiscal, Monsieur Legault doit se rappeler que les libéraux s’y sont employés depuis Jean Charest sans que la majorité de la population en retire une quelconque satisfaction. En fait, plus les impôts baissaient moins il restait d‘argent dans le budget des familles, celles-ci devant se procurer ailleurs les services dispensés par l’État ou faire face à des tarifs plus élevées pour certains services gouvernementaux. Le premier ministre poursuivra-t-il la grande duperie qui profite aux plus riches ou améliorera-t-il vraiment le sort des plus démunis?

Du côté santé, les caquistes semblent vouloir s’attaquer à un gros os en souhaitant réformer le mode rémunération des médecins, nous verrons s’ils seront capables de passer aux actes. Le cas échéant, nous devrons croire à une véritable révolution et à un système de santé centré sur les usagers.

Quant aux signes religieux, j’ai hâte d’apprécier la fermeté du gouvernement dans ses intentions et sa capacité de légiférer adéquatement pour qu’enfin cesse les trébuchements sur ce dossier épineux. À mon avis, la clause nonobstant s’imposera dans une première mouture pour éviter des recours juridiques qui ne serviraient qu’à amplifier les tensions sociales.

Finalement, ce sont les préoccupations environnementales qui sonnaient le plus creux dans le discours inaugural et qui donnent l’impression d’un collage de dernière minute dont le gouvernement ne s’embarrassera pas trop dans ses ambitions de création de la richesse. Laissons tout de même une chance au coureur de démontrer qu’il est meilleur que ce qu’il augurait dans la dernière décennie.

Il faut juger l’arbre à ses fruits, comme il n’en a pas encore donné, il serait prématuré de dire qu’ils sont pourris!