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La construction de méga-hôpitaux en mode PPP (partenariat public-privé) était un marché de dupes depuis le début. Le premier ministre Jean Charest promettait pourtant la lune. Il jurait que les PPP – un concept importé des conservateurs britanniques – étaient une formule blindée.

Zéro dépassement de coûts. Transparence. Échéanciers respectés. Partage du risque financier avec les consortiums privés chargés de construire et entretenir les méga-hôpitaux. En 2011, Monique Jérôme-Forget, ex-présidente du Conseil du trésor, disait même sans rire que « les PPP, ça sauve la fraude » !

Méga-scandales

Or, ces PPP sont plutôt venus avec leur lot de méga-scandales, méga-dépassements de coûts, méga-retards et méga-opacité. Pour obtenir le pharaonique contrat du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), SNC-Lavalin aurait même fait pleuvoir plus de 22 millions de dollars en pots-de-vin.

Une partie est tombée sur l’ex-patron du CUSM, feu Arthur Porter. Une autre, sur son ex-directeur adjoint, Yanaï Elbaz. Lequel, ce lundi, plaidait d’ailleurs coupable à quatre chefs d’accusation, dont le trafic d’influence.

Notre Bureau d’enquête rapportait aussi hier que le gouvernement a même « voulu garder secrète une entente qui garantit jusqu’à 26 % de profits et de frais de gestion aux entreprises privées qui font des travaux de rénovation au CHUM et au CUSM ». Traduction : les moindres travaux coûtent les yeux de la tête. Les appels d’offres, eux, sont secrets.

Résilier

Puisque les contrats avec ces consortiums sont ratifiés pour 30 ans (!), cette saignée d’argent se poursuivra encore très longtemps pour nos méga-hôpitaux, dont le CHUM et le CUSM.  

Bref, beaucoup de pattes gloutonnes ont été graissées à même l’argent des Québécois. Plusieurs, dont votre humble chroniqueuse, l’avaient pourtant dit dès leur lancement : les PPP sont des pièges à cons aussi évidents qu’onéreux pour le Trésor public.

C’est pourquoi, depuis des années, des voix réclament la résiliation de ces mêmes contrats.