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QS n’aime pas les voix dissidentes

Quebec Solidaire
Photo Simon Clark Les co-porte-paroles de Québec solidaire Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.

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Hier, dans cette chronique, je parlais de la campagne de propagande médiatique à venir contre le projet de Charte de laïcité du gouvernement Legault. Il s’agira, quoi qu’on en pense, d’un des déterminants politiques les plus importants des mois à venir.  

Gauche  

Pourtant, ce n’est pas tout le monde qui voit les choses de cette manière. Ainsi, Québec solidaire nous apprenait mardi que les signes religieux ostentatoires ne causent aucun problème au Québec. On devine que l’immigration massive n’en cause aucun non plus, puisque QS s’oppose à la réduction minimaliste des seuils d’immigration proposée par la CAQ.  

Mais comment expliquer alors les préférences collectives prolaïcistes des Québécois ? Comment expliquer qu’ils souhaitent clairement baisser les seuils d’immigration ?  

Réponse de QS : parce que les Québécois seraient manipulés par quelques chroniqueurs inquiétants qui exciteraient la « peur de l’autre » et de la « diversité ».  

Soyons sérieux : ces quelques voix qui confessent leurs réserves devant le multiculturalisme sont minoritaires dans le système médiatique. Et elles sont mal vues. La moindre dissidence dans le rapport à l’immigration massive et au multiculturalisme est suspecte. Elle brise l’unanimité du système médiatique qui répète des slogans comme « la diversité est une richesse ». Pour QS, ces quelques voix sont tout simplement de trop.  

Ce n’est pas d’hier, toutefois, que la gauche multiculturaliste conspue le désaccord idéologique et intellectuel. Rappelons-nous seulement la Commission Bouchard-Taylor qui avait commandé un rapport à une militante antiraciste installée dans le système universitaire. Elle avait proposé de censurer partiellement les journaux offrant une représentation négative de la « diversité ».  

En d’autres mots, pour la gauche multiculturaliste, une information objective correspond à une célébration du multiculturalisme.  

On notera que cette vision n’est pas spécifique à QS. Dans le cadre du Pacte mondial de l’ONU pour les migrations, qui sera bientôt signé et sur lequel je reviendrai en chronique samedi, on en appelle à ce que les gouvernements ne soutiennent plus les journaux qui se montreraient coupables de xénophobie. Mais quand on sait comment la gauche multiculturaliste définit la xénophobie ou le racisme, on comprend que n’importe qui refusant de célébrer sa vision du monde peut s’en voir accusé.  

Insultes  

Il faut comprendre ce qu’il y a derrière cela. La gauche multiculturaliste sait bien que sa vision du monde est massivement rejetée par le commun des mortels. Elle explique cela par la persistance de mentalités conservatrices et réactionnaires dans la population. De là la responsabilité confiée aux médias : rééduquer la population. Ou comme on dit pudiquement : la sensibiliser.  

Mais pour cela, tout le monde doit travailler dans le même sens et argumenter de la même manière. La moindre voix dissidente risque de faire échouer ce concert pédagogique.  

Alors, il faut la faire taire. Ou du moins, la discréditer, en la couvrant d’injures ou en lui collant une sale étiquette. Et c’est pourquoi la gauche multiculturaliste s’acharne à multiplier les « compliments » contre Richard Martineau, Joseph Facal ou votre serviteur.