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«Faisable», mais onéreux d’enfouir les lignes de transport Manicouagan-Lévis

L’expérience n’a été tentée nulle part dans le monde jusqu’à maintenant

Hydro-Québec a déjà étudié la possibilité d’enfouir des câbles de 735 kV il y a environ 30 ans. «Les analyses permettaient de l’envisager d’un point de vue expérimental», indique le porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. Hydro-Québec va maintenant étudier la possibilité d’enfouir la ligne de transport Manicouagan-Lévis, à la hauteur de l’île d’Orléans.
Photo Jean-François Desgagnés Hydro-Québec a déjà étudié la possibilité d’enfouir des câbles de 735 kV il y a environ 30 ans. «Les analyses permettaient de l’envisager d’un point de vue expérimental», indique le porte-parole Maxence Huard-Lefebvre. Hydro-Québec va maintenant étudier la possibilité d’enfouir la ligne de transport Manicouagan-Lévis, à la hauteur de l’île d’Orléans.

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Enfouir une ligne électrique de la puissance de celle qui traverse l’île d’Orléans n’a jamais été réalisé dans le monde, confirme Hydro-Québec, mais c’est «technologiquement faisable», bien qu’ambitieux et onéreux, selon un expert.

«En date d’aujourd’hui, il n’y a pas de ligne de 735 kV qui a été enfouie dans le monde», a confirmé le porte-parole d’Hydro-Québec, Maxence Huard-Lefebvre.

La société d’État a reçu le mandat du premier ministre Legault d’étudier la possibilité d’enfouir la ligne de transport Manicouagan-Lévis, à la hauteur de l’île d’Orléans.

L’objectif du premier ministre est d’«embellir le paysage», et de profiter d’un éventuel projet de troisième lien pour débarrasser l’île des pylônes électriques qui la traversent. Cela contribuerait selon lui à faire du troisième lien un projet de développement durable.

Hydro-Québec promet d’en étudier la faisabilité et de donner à M. Legault une réponse «dans de bons délais».

Sans dire que c’est impossible, Hydro-Québec affirme qu’il s’agit d’un «défi technique important». La difficulté vient du fait que les lignes les plus puissantes du Québec ne peuvent pas transporter de l’hydroélectricité sous terre sans un très bon isolant. En mode aérien, c’est l’air qui remplit cette tâche. Mais sous terre, c’est une autre histoire.

Or, c’est «technologiquement faisable», selon le professeur Éric David, spécialiste des matériaux isolants et des câbles électriques souterrains, et directeur du département de génie mécanique de l’École de technologie supérieure de Montréal.

«Beau défi technologique»

«Si on oublie l’aspect économique du projet, moi je pense que c’est un beau défi technologique et je pense que c’est possible de le réaliser.»

«C’est ambitieux par contre, parce que c’est quelque chose qui est une nouveauté.» Mais il existe du 500 kV ailleurs et la différence n’est pas énorme, selon lui.

Il pense que la meilleure solution serait d’utiliser des câbles «extrudés», donc isolés avec une bonne couche de plastique.

«Il y a certainement des câbliers qui seraient intéressés de soumissionner pour ce genre de projet-là. La grosse partie du projet, c’est le câble lui-même.»

Et c’est aussi le câble qui en fait un projet «assez onéreux». «Ça coûte plus cher d’enfouir que de passer une ligne aérienne. S’il y a déjà une ligne, qu’on la démolit et qu’on passe un câble souterrain, c’est beaucoup plus dispendieux parce que c’est payer quelque chose, alors qu’on a déjà un équipement qui fait le travail.»

Sur l’île, les élus aimeraient bien se débarrasser des pylônes. Mais ils prennent les paroles de François Legault «avec un grain de sel». «Hydro-Québec nous répète depuis plusieurs années que c’est un projet qui est impossible techniquement», affirme le préfet Harold Noël.

Priorité au futur pont

L’élu soutient que la priorité de l’île d’Orléans, bien avant l’enfouissement des fils, c’est la construction d’un futur pont, et il ne pense pas que toutes ces analyses puissent repousser encore l’échéance, qui est passée récemment de 2024 à 2027. «On ne prend pas ça assez au sérieux pour penser que ça puisse retarder le projet.»

 

Les trois lignes Manicouagan-Lévis

  • Construites en 1965, 1966 et 1973
  • 380 km de long
  • 735 000 volts

Réseau de transport d’électricité québécois

  • 34 000 km de lignes à haute tension
  • Dont 11 000 km de lignes à 735 000 volts
  • Ces dernières sont les lignes les plus puissantes au Québec