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Gestion de l’offre: Trudeau ne sera «pas présentable» au Québec, réitère Legault

Le premier ministre du Québec, François Legault
Photo Simon Clark Le premier ministre du Québec, François Legault

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François Legault l’avait affirmé en campagne électorale, il l’a répété de son siège de premier ministre au Salon bleu : Justin Trudeau ne pourra pas se présenter devant l’électorat québécois l’an prochain sans offrir une pleine compensation aux brèches dans la gestion de l’offre sur les produits laitiers.

«Effectivement, je pense que M. Trudeau ne serait pas présentable lors de la campagne électorale 2019 s'il n'avait pas donné pleine compensation aux producteurs laitiers québécois. Je maintiens toujours ce que j'ai dit», a déclaré le premier ministre vendredi matin, quelques heures après la signature officielle de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), qui remplace la défunte ALENA.

«Il reste encore du temps d'ici l'automne 2019. Puis, je répète, le président de l'UPA est très satisfait de la progression du dossier avec le gouvernement fédéral», a-t-il ajouté.

L’AEUMC permet à l’industrie américaine de gruger une part additionnelle de 3,6 % du marché des produits laitiers canadiens. Au Québec, le lait et ses dérivés sont protégés par un système de quotas qui assurent une stabilité de revenus pour les producteurs.

Au moment d’annoncer la conclusion de l’accord, Justin Trudeau avait assuré qu’il s’agissait d’un moindre mal, puisque Donald Trump souhaitait l’abolition totale de la gestion de l’offre qui protège le marché canadien. Le premier ministre canadien avait également promis des compensations «adéquates» aux agriculteurs canadiens.

Un pas dans la bonne direction

Malgré tout, François Legault estime que la signature d’une nouvelle entente est «un pas dans la bonne direction». «J’aime beaucoup mieux avoir cette entente de signée que d’avoir rien de signé», a-t-il fait valoir lors d’une brève mêlée de presse.

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, estime lui aussi que la signature de l’AEUMC est «une bonne chose pour le commerce au Québec». «Ça enlève beaucoup d’incertitude au niveau économique et au niveau commercial», estime-t-il.

Outre les compensations pour les producteurs laitiers, la question des tarifs sur l’aluminium et l’acier demeure en suspens. Les États-Unis imposent des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.

Pierre Fitzgibbon se dit tout de même «très confiant» que le pouvoir de négociation du Canada n’est pas atténué par la signature de l’AEUMC avant la conclusion de ce litige. «Les contre-mesures que nous avons mises en place contre les Américains portent fruit, dit-il. Il y a beaucoup de grogne aux États-Unis aussi.»

Élu il y a 20 ans

Par ailleurs, François Legault soulignait vendredi le 20e anniversaire de sa première élection, le 30 novembre 1998 aux côtés du premier ministre péquiste Lucien Bouchard.

Bien qu’il soit désormais le doyen de l’Assemblée nationale, le chef de la CAQ s’est fait élire en disant incarner le changement. François Legault fait valoir que, malgré les années, son parcours a été en rupture avec la tradition. «Je n’ai pas pris le chemin le plus facile, dit-il. J’aurais peut-être pu rester dans un des anciens partis, ç’aurait été plus facile de me rendre jusqu’à la chefferie. Mais j’ai choisi, un peu comme je l’ai fait avec Air Transat, de commencer à zéro avec un nouveau parti.»