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À l’heure des choix pour innover

Un jeune entrepreneur s’est lancé dans la production et la commercialisation de montres solaires

Alexandre Desabrais, fondateur de Montres Solios dans ses bureaux.
Photo PIerre-Paul Poulin Alexandre Desabrais, fondateur de Montres Solios dans ses bureaux.

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À 26 ans, Alexandre Desabrais connaissait un début de carrière de rêve. Il travaillait comme directeur de comptes chez District M, une entreprise de marketing numérique en très forte croissance. Il était sur la voie rapide pour obtenir de l’avancement avec à la clé un salaire dans les six chiffres.

Il pouvait en plus compter sur les conseils de son mentor, le président de l’entreprise, Jean-François Côté, nommé entrepreneur de l’année en 2018 par Ernst & Young (EY).

En octobre dernier, il a pourtant tout laissé tomber pour lancer sa propre entreprise, Montres Solios, avec son associé, Samuel Leroux. Leur produit : une montre solaire écoresponsable.

« On a voulu changer la façon de produire et de consommer un objet du quotidien », explique Alexandre Desabrais.

Les montres Solios fonctionnent à l’énergie solaire avec une autonomie d’au moins six mois. Elles peuvent aussi se charger grâce à la lumière artificielle.

« On élimine ainsi le besoin de remplacer la batterie, ajoute-t-il. Trop souvent, les consommateurs préfèrent alors acheter une nouvelle montre plutôt que de simplement changer la batterie, ce qui porte à la surconsommation. Nous avons aussi choisi des matériaux durables pour nos montres, comme l’acier inoxydable, et des bracelets de faux cuir n’utilisant aucun polyuréthane, résistants et recyclables à 100 %. »

Leur clientèle cible : les consommateurs de 25 à 40 ans qui recherchent une montre au design élégant et actuel à un prix abordable, soit celui de 325 $ au détail.

Au-delà des attentes

M. Desabrais et son associé ont travaillé pendant 18 mois à la mise au point de leur montre en investissant leurs propres fonds. Ils sont allés jusqu’à Hong Kong pour rencontrer des fabricants de pièces qui répondaient à leurs critères.

À l’automne, ils ont décidé d’amorcer la commercialisation avec une campagne de sociofinancement. Pour s’assurer de la mener avec succès, un choix s’imposait : il leur fallait quitter leur emploi respectif (Samuel Leroux travaillait, quant à lui, dans le domaine de la finance) pour se consacrer à temps plein à leur projet.

« On a fait le saut malgré l’impact financier. Ce n’était plus possible de mener les deux de front », explique Alexandre Desabrais.

Résultat : en un mois seulement, ils ont recueilli 90 100 $ – loin de leur objectif initial de 25 000 $ – et reçu plus de 350 commandes.

« On a été choyés par la réaction du public. Le succès de la prévente nous permet maintenant de bien structurer l’entreprise. »

Partenariats stratégiques

Avant même la fin de leur campagne de sociofinancement, les deux associés se sont lancés dans la production.

« On ne voulait pas faire trop attendre les acheteurs. Les premières livraisons sont prévues en janvier 2019 », précise Alexandre Desabrais.

Les entrepreneurs veulent déployer différentes stratégies de commercialisation. En plus de la vente en ligne, ils souhaitent établir des ententes avec des commerçants ciblés comme Simons, ou des partenaires stratégiques comme le fabricant de vêtements pour hommes et femmes Frank And Oak, en misant sur la complémentarité des produits.

Leur objectif de vente est ambitieux. « On vise 1,2 M$ dès la première année », soutient Alexandre Desabrais.

En attendant, les deux associés vivent le choc de la réalité.

« Démarrer une entreprise, c’est beaucoup de travail. On le savait théoriquement. Le réaliser de façon pratique, c’est autre chose », avoue-t-il.

Rien toutefois pour les faire dévier de leur route.

Son parcours

  • Alexandre Desabrais, 26 ans
  • Baccalauréat en finance, HEC Montréal, 2014
  • Directeur de comptes, District M, 2015 à 2018
  • Cofondateur de Solios, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « Faire un événement pour lancer notre campagne de sociofinancement. On a pu s’adresser à des clients potentiels qui sont devenus des ambassadeurs. Cela a fait une différence sur le succès de la campagne. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « D’avoir confié à une agence américaine notre stratégie de marketing numérique. Elle n’a pas livré. On a compris qu’il fallait mettre nos mains dans la pâte. C’est crucial de maîtriser nos canaux numériques. »

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